Les Synthétiseurs Virtuels

Les évolutions majeures sont d'autant plus émouvantes à vivre lorsque l'on prend conscience qu'il se passe quelque chose d'exceptionnel. Vers la fin des années 60, une génération entière a vécue fébrilement les premiers pas de l'homme sur le lune. Depuis quelques années, les musiciens vivent les balbutiements d'une autre révolution : celle des instruments virtuels. Bien entendu, l'impact n'est pas le même pour l'humanité... mais le monde de la musique ne sera plus jamais le même, car pour la première fois un instrument peut naître du néant.

Aujourd'hui nous n'en sommes pourtant qu'aux débuts, ces derniers se bornent encore à reproduire, avec plus ou moins de succès, des instruments existants ou ayant existé. Mais on peut facilement deviner la suite ; une fois que l'on aura compris comment dépasser les dernières contraintes matérielles (puissance de calcul, interfaces de communication, et surtout interface de jeu !), ils offriront des moyens inédits d'expression musicale.

Avant d'en arriver là, il peut être intéressant de comprendre comment tout cela fonctionne et ce que cela implique pour les musiciens. C'est pourquoi nous initions aujourd'hui un grand dossier sur les instruments virtuels qui comprendra plusieurs parties.

Comment développe-t-on un synthétiseur virtuel ?

Nous profitons de la publication du test du Moog Modular V d'Arturia pour nous pencher plus en avant sur la question. Gilles Pommereuil, l'un des créateurs d'Arturia, reviendra sur les différentes étapes qui ont jalonné la création de leur logiciel. Matt Lupo, technicien chez Digigram, qui a collaboré avec Arturia, nous expliquera concrètement en quoi consiste la technologie TAE mise en œuvre pour l'occasion, et en profitera pour faire quelques comparaisons avec des logiciels du marché. Pour finir, nous recueillerons les impressions de Michel Geiss, ingénieur du son, qui a lui aussi donné de sa personne en créant plusieurs presets pour la version finale du logiciel.

Gilles Pommereuil
Michel Geiss
Matt Lupo