Le Studio Nomade des Vacances

Il existe des irréductibles musiciens qui, en vacances, s'adonnent aux joies de la mélodie estivale. Seulement voilà, difficile d'emporter tout son studio lorsque la Renault Fuego est déjà surchargée de valises et que le chien s'agite joyeusement entre les VTT. Voici quelques idées pour jouer 'tranquillleuuuu', sans pour autant se surcharger en matos…

S'il existe un désagrément pour le joueur de clavier par rapport au guitariste, c'est bien le transport. Autant une guitare (ou un violon, un saxo, une cornemuse, un triangle…) dans un étui, c'est encombrant mais relativement transportable, autant un clavier, c'est la croix et la bannière. Sans parler de la taille (si vous êtes du genre Yamaha S80 ou Fatar SL-880), c'est aussi et surtout une question de poids.

Pour couronner le tout, si une guitare sèche suffit à agrémenter le feu de camp (un couplet de Dylan ou Le Forestier est toujours le bienvenue), le synthétiseur demande, lui, un équipement inapproprié à de tels exploits : ampli, enceintes et bien entendu l'indispensable courant ! Bref, partir en vacances devient parfois un calvaire pour le musicien accro à son home studio. Toutefois, il existe des solutions de dépannage permettant de surmonter tant bien que mal cette douloureuse (mais éphémère) sépération musicale.

Le clavier de poche

Elément de base indispensable, primordial et nécessaire : le clavier maître. Sans taper dans un 88 notes à toucher lourd, un petit deux octaves lesté fera parfaitement l'affaire. Et en plus, ça tombe bien, il en existe une pléthore chez les constructeurs :

Tout d'abord, Edirol propose le PC-70, un petit clavier maître (sans aucun sons) de 49 touches sensible à la vélocité et possédant deux molettes de modulation (pitch bend et modulation). Il offre la gestion de 16 pistes MIDI, des fonctions de transposition d'octave et de modulation et un curseur “Data Entry” pouvant être affecté à différents paramètres comme l'aftertouch, la vélocité et le panoramique. Un écran à trois chiffres permet de visualiser les différents paramètres. Enfin, il est livré avec une alimentation externe, un câble MIDI, et une pédale sustain, pour le prix de 199 € TTC.

Toujours chez Edirol, on trouve le SK-500, construit à partir du même générateur de sons que le SC-8820 (un expandeur USB de 1 620 sons) et qui permet de se connecter sur le port USB, MIDI ou série d'un ordinateur Mac ou PC. Il a également 49 touches (donc facile à transporter) mais possède à l'inverse du PC-70, un générateur de 1 608 sons intégré, avec 64 notes de polyphonie et 32 parties. On retrouve bien évidemment le contrôle des paramètres MIDI visible à l'écran et les deux molettes de modulation. Petit bonus : 2 prises casques sont prévues ! Enfin la pédale de sustain est incluse et son prix est de 589 € TTC.

Enfin, terminons chez ce constructeur par la série des PC qui se décline en trois modèles. Tout d'abord le ' haut de gamme ' avec le PC-300 qui peut s'alimenter par la connexion USB du Mac ou du PC. Disponible en couleur 'champagne gold' avec le logiciel séquenceur de Steinberg Cubasis AV, il possède 49 touches sensibles à la vélocité , une molette de pitch Bend et modulation et une compatibilité avec les formats HM/GS, pour un prix de 229 €. Le deuxième clavier de la série est le PC-180A qui reprend les caractéristique de son grand frère, moins l'interface USB. Le prix s'en fait ressentir puisqu'il tombe à 169 € TTC. Enfin, le PC-160A arbore fièrement un tarif de 129 € TTC avec des caractéristiques similaire au PC-180A, mais un clavier réduit à 32 notes.

Du côté de chez Studiologic (importé par Arbiter France), vous trouverez le CMK137,un clavier maître de 37 note, sensible à la vélocité avec deux molettes (pitch bend et modulation) et une sortie pour pédale de sustain. Il est livré avec un câble MIDI qui alimente le clavier (branchement secteur par alimentation non fournie) et un logiciel musical pour PC. Son prix est de 120 € TTC. Enfin, son grand frère, le CMK139 offre quant à lui des caractéristiques identiques mais avec un clavier de 49 notes et un prix de 145 € TTC.

Comme vous pouvez le constater, l'offre en matière de ' petits ' claviers est vaste et nous continuons notre tour d'horizon en passant en revue la collection de chez Evolution (importé par Arbiter France) qui se décline en six modèles : le MK-125, tout d'abord, avec ses 25 touches dynamiques, ses deux molettes, son écran LED et un câble To Host qui alimente le clavier pour un prix de 107 € TTC. Ensuite, vient le MK-149, plus imposant avec 49 touches, une sortie pour pédale de sustain et un prix de 166 € TTC.

Arrivent les MK-249 (197 € TTC) et MK-249C (258 € TTC) dont les caractéristiques communes sont : un clavier de 49 touches dynamiques, une compatibilité USB, deux molettes (pitch-bend et modulation), un écran LED, 10 mémoires, des sorties MIDI et USB et une sortie pédale sustain. Ils sont fournis avec un câble MIDI To Host qui alimente le clavier, des divers logiciels musicaux et plus de 1 000 samples. La seule différence réside dans la présence de 12 potentiomètres rotatifs de contrôle entièrement assignables pour le MK-249C.

Enfin, les deux derniers claviers Evolution, le MK-261, avec 61 touches dynamiques (déjà un peu plus imposant par rapport aux autres claviers de ce chapitre), deux molettes (pitch bend et modulation), une sortie MIDI, une sortie pédale sustain et avec un câble MIDI fourni qui alimente le clavier (branchement secteur par alimentation non fournie). Le tout pour un prix de 227 €. Et pour finir, le MK-361 (au look proche des MK-249), qui lui aussi possède 61 touches dynamiques et propose une compatibilité USB, deux molettes (pitch bend et modulation), un écran LED, 10 mémoires, des sorties MIDI et USB, une sortie pédale sustain et qui est fourni avec un câble MIDI To Host qui alimente le clavier, des divers logiciels musicaux et plus de 1 000 samples, pour un tarif de 258 €.

Chez Yamaha, trois produits concernent directement nos attentes : le CBXK1 (37 notes sensibles à la vélocité, pitch bend, contrôle des fonctions MIDI, le CBXK1XG identique au précédent hormis un générateur de 747 sons (et 22 drum kits) intégré (compatible GM/XG) et enfin le CBXK2 qui offre 49 touches et peut contrôler facilement les expandeurs yamaha MU100R et QY70.

La matière sonore

C'est bien beau de se balader avec son petit clavier, mais si celui-ci n'incorpore aucune banque de sons (ce qui est souvent le cas), il ne sert strictement à rien. Donc, deuxième choix d'importance : la matière sonore. Bien évidemment, il existe plusieurs solutions alliant créativité, transportabilité et efficacité.

Yamaha, par exemple, propose plusieurs modèles de 'stations de travail' (comprenez un appareil qui fait tout : séquenceur, sons, effets, etc.). Le QY100 en est la preuve : séquenceur 16 pistes/32 000 événements/20 morceaux, 547 sonorités (+ 22 kits de batterie) avec une multitimbralité de 24 pistes et un générateur d'effets. En gros, vous reliez votre clavier au QY100, vous branchez un casque dessus et le tour est joué ! Configuration minimum mais résultats garantis, pour un prix de 540 € TTC ! Dans le même esprit mais en beaucoup plus puissant, vous avez aussi le QY700 avec ses 32 pistes/110 000 événements, 3 876 phrases musicales programmées, 480 sonorités, 64 effets, bref, une bien belle machine ! Mais vous pouvez lui choisir son petit frère, le QY70, qui au prix de 400 € environ vous donnera quand même 8 pistes, 519 sonorités et 54 effets.

Bien qu'il s'agisse maintenant d'un matériel d'occasion, je ne peux m'empêcher de citer le Roland PMA-5, un appareil on ne peut plus approprié à la situation. D'une forme rectangulaire à l'intérieur d'une pochette façon 'Organizer', il intègre un écran tactile sur lequel on peut intervenir au moyen d'un stylo. Doté d'un séquenceur 8 pistes, de 100 styles d'accompagnement et d'un générateur de sons (306 + 16 kits de batterie) pour une polyphonie de 28 voix, il rend de grands services lors de déplacement. Si vous en voyez passer un, n'hésitez pas, on en trouve à environ 260 €. Notons au passage qu'il existe un kit de connexion (PMA-5/APL) pour le relier à un Macintosh.

Les échantillonneurs ne sont pas en reste. En effet, avec les SP-303 (Dr Sample) ou SP-505 de chez Boss, on accède à la liberté de sampling, aussi bien pour une utilisation de type 'studio', que pour des prises de sons à l'extérieur. Certes, l'enregistrement est limité en mémoire et l'orientation se veut plus 'DJ', de même, toutes les caractéristiques des sampleurs haut de gamme ne sont pas présentes, mais ces appareils apportent néanmoins une touche supplémentaire de créativité non négligeable.

Le SP-303 offre une durée d'échantillonnage à 44,1 kHz extensible par carte SmartMedia de 8 Mo à 64 Mo, 26 effets internes et un séquenceur de type Pattern en temps réel. Le SP-505, quant à lui, jusqu'à 124 secondes d'échantillonnage interne à 44,1 kHz, une fonction CHOP permettant de découper une phrase et d'assigner les samples automatiquement sur les pads , une édition graphique des échantillons, 26 effets numériques intégrés, une extension jusqu'à 128 Mo par carte Smart Media 3.3V, une entrée digitale optique et coaxiale et un séquenceur 4 pistes/15 000 événements, pour un prix de 610 €.

Un petit rappel s'impose aussi sur le Yamaha SU10, disponible uniquement d'occasion mais qui s'avère être un petit sampleur de poche très facile à utiliser et très performant. Reportez-vous au test du SU10 pour plus de détails.

Une autre façon d'utiliser des sons et qui est apparue ces dernières années est d'utiliser des synthétiseurs virtuels (ES2 pour le Logic, HALion pour Steinberg, etc.). Cela oblige donc à emporter avec vous un ordinateur (ce qui d'ailleurs peut être le cas si vous l'utilisez déjà pour du traitement de texte ou tableur), mais au final, vous pouvez dorénavant partir avec un studio virtuel dans une saccoche. C'est le sujet du paragraphe suivant.L'ordinateur comme bagage à main.

Si depuis longtemps l'ordinateur portable s'est largement démocratisé (bien que le prix d'achat reste parfois élevé pour des configurations 'sérieuses'), il est également devenu un compagnon idéal pour le musicien. Pouvoir transporter avec soi son séquenceur préféré (considéré bien souvent comme le cœur même d'un home studio et par lequel transitent toutes les données MIDI et audio) amène un confort de travail appréciable.

Pouvoir retranscrire, à tout moment, l'air qui trotte dans la tête, le sauvegarder puis le retravailler à la maison une fois rentré, avouez que c'est le pied ! Toutefois, l'investissement est assez lourd. D'un côté l'achat de la machine : un PC ou un Macintosh (comptez entre 1 500 et 2 500 € pour un matériel neuf) et de l'autre, une interface MIDI USB qui ne prenne pas de place (genre une Emagic MT4 à 199 €). Vous pouvez aussi vous rabattre sur du matériel d'occasion, on trouve pas mal de portables à des prix raisonnables.

Attention toutefois à l'état de la batterie. Cette dernière à tendance à s'user rapidement et il n'est pas rare d'acheter un portable avec batterie un peu faible qui vous laissera que quelques minutes d'autonomie. Quand on sait que le prix d'une neuve dépasse les 150 €, mieux vaut faire attention.

Pour revenir à l'interface MIDI, de très nombreux claviers et/ou générateurs de sons externes utilisent une prise To Host qui permet de relier l'appareil à l'ordinateur et donc de se passer d'interface MIDI (à vérifier lors de l'achat).

N'oubliez tout de même pas que l'autonomie de ces machines est limitée, alors dans le cas d'une utilisation pour une rave entre minuit et six heures du mat, prévoyez plusieurs batteries !

De part la puissance des processeurs des derniers ordinateurs du marché, on peut maintenant se passer d'expandeurs (donc d'interface MIDI) et travailler directement avec les plug-ins internes de synthés et sampleurs virtuels ! Les disques dur ayant également une capacité de plusieurs giga-octets, il est également facile de traiter de l'audio… D'ailleurs de plus en plus d'artistes fonctionnent ainsi, c'est le cas notamment de Erick Benzi sur le dernier album de Goldman.

Les studios virtuels ont le vent en poupe et vous pouvez facilement travailler avec Reason, kontakt, Fruity Loops sur votre portable avec jsute un casque pour l'écoute ou des petites enceintes.

Casque de popoche ou mini-enceinte ?

Faire de la musique, c'est bien, mais pouvoir l'écouter, c'est quand même mieux. Il n'y a pas trente-six solutions, mais deux : le casque ou les enceintes amplifiées. Le casque à proscrire est celui du Walkman. C'est pratique, ça ne tient pas de place, mais niveau qualité, c'est pas terrible. Passe encore pour écouter quelques séquences MIDI dans l'avion entre Paris et Bora-Bora, mais sur votre lieu de résidence, un casque plus approprié s'impose (Sony, AKG, Sennheiser…).

En revanche, si vous souhaitez tester de façon 'live' votre dernière composition, pourquoi ne pas emporter dans vos bagages de petites enceintes amplifiées, que l'on trouve de plus en plus en complément 'multimédia' d'un ordinateur. Les MA-5D ou MA-5A de chez Edirol sont toutes désignées.

En conclusion

S'aérer la tête n'est pas un mal, et faire le break un moment par rapport à la musique peut s'avérer profitable pour une meilleure reprise. Il n'est donc pas nécessaire de poursuivre ses activités artistiques avec les pieds dans l'eau. Toutefois, il existe des irréductibles qui même avec 40° à l'ombre continueront à pianoter avec entrein. Cet article leur est donc dédié… Bonnes vacances musicales !

Ludovic Gombert