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Steinberg HALion
1.12

La sortie des premiers échantillonneurs
logiciels tels que Gigasampleur de Nemesys avait
déjà marqué le petit monde
de la musique assistée par ordinateur et
du home studio en général, en remisant
presque les sampleurs matériels au placard,
grâce à leur facilité demploi
et à leurs possibilités étendues
(en particulier, lutilisation dun
vrai écran pour lédition des
échantillons et la possibilité de
charger des banques de sons énormes ont
fait le succès immédiat du logiciel).
Mais jusquà la sortie dHALion,
ces sampleurs ne fonctionnaient quen mode
"stand-alone", en parallèle de
votre séquenceur favori.
En effet, la puissance de calcul demandé
obligeait souvent à avoir une seconde machine
dédiée exclusivement au sampling
et la synchronisation avec le séquenceur
posait presque toujours des problèmes.
Steinberg nous propose donc sa version
du sampleur virtuel sous la forme dun instrument
VST, intégrable directement dans toute
application compatible VST et dont le petit nom
serait un clin dil à HAL, le
méchant ordinateur bogué du film
"2001 : Odyssée de lEspace"
(lui-même un clin d'il à IBM,
le nom HAL n'étant que les lettres précédentes
du nom de cette société américaine).
Visite médicale complète de la bête
!
Petit rappel sur le sampling
Le sampling (ou échantillonnage en français)
consiste à numériser des sons, puis
à les organiser en banques de façon
à pouvoir les jouer en temps réel
via un clavier ou un séquenceur MIDI, comme
on le ferait avec les sons dun expandeur.
On va par exemple enregistrer un son de piano,
pour le rejouer, comme si cétait
un vrai.
Une fois le son numérisé (ou importé
dans la machine depuis un CD de sons), on peut
lui faire subir tous les outrages : filtrages,
égalisations, effets, retournement, bouclage,
bref, quasiment tout.
Sur un sampleur matériel, on trouvera des
convertisseurs analogiques / numériques
qui permettent lenregistrement des échantillons.
Par conséquent, le prix dun échantillonneur
matériel reste inaccessible pour beaucoup
de musiciens. De plus, les échantillons
sont chargés dans de la mémoire
vive, limitée en taille et souvent dans
un format propriétaire (et donc très
chère quand on veut laugmenter).
Pour finir, lédition via un tout
petit écran LCD est vite fatiguante. Cest
là quarrivent les échantillonneurs
virtuels.
A partir du moment où vous possédez
un ordinateur avec une carte son, vous avez déjà
les convertisseurs, la mémoire (beaucoup
plus importante et moins chère) et un grand
écran bien pratique. Le sampleur virtuel
va alors soccuper de gérer les échantillons
que vous aurez enregistrés ou importé
depuis un CD de sons, en les lisant directement
depuis votre disque dur ou depuis la mémoire
de votre machine. Lidée nest
pas nouvelle, mais HALion est bien particulier.
Nous allons voir pourquoi.
HALion, cest quoi
?
Question
bête, me direz-vous, cest un sampleur
virtuel ! Cest vrai, mais son fonctionnement
diffère des autres logiciels du marché.
HALion utilise un procédé appelé
streaming, cest-à-dire quil
va charger uniquement le début de chaque
échantillon (ou sample) dans la mémoire
de lordinateur, puis les lire directement
depuis le disque dur. De cette manière,
on peut écouter des échantillons
dune taille quasiment infinie et la lecture
est instantanée (pas de délai qui
interviendrait si on lisait les samples directement
depuis le disque dur sans préchargement).
Il sagit en fait dun procédé
à mi-chemin entre le sampleur matériel
(qui charge la totalité des samples en
mémoire vive) et de Gigasampleur (qui lit
tout directement depuis le disque dur avec sa
technologie endless wave). Donc, en théorie,
la quantité de mémoire disponible
ne devrait pas influer sur les performances
en théorie, car si on charge une banque
gigantesque, comme celles livrées avec
le logiciel, la mémoire utilisée
sera quand même importante (nombre de samples
multiplié par la quantité de mémoire
allouée au préchargement).
Deuxième avantage : HALion sintègre
parfaitement à Cubase VST ou tout autre
logiciel compatible VST (comme Logic ou Live,
mais vous ne disposerez pas des sorties audio
multiples ni de lautomation) car il prend
la forme dun instrument VST comme nimporte
quel autre synthé virtuel (plug-in). Finis
les problèmes de synchro et de ports MIDI
virtuels difficiles à paramétrer
! Ca, cest une bonne nouvelle. De plus,
qui dit instrument VST, dit export audio direct
et possibilité de mettre des effets en
temps réel (mais nous reviendrons là-dessus).
En terme de gestion des samples, HALion offre
des possibilités de fitres, de modulation,
de tuning (accordage), de bouclage et pleins dautres
options que nous aborderons plus loin. Au niveau
audio, on bénéficie de 12 sorties
virtuelles (4 stéréo et 4 mono),
bien pratiques pour appliquer des effets et pour
le mixage, avec un support de fichiers sons allant
jusquà 32 bits à virgule flottante.En
interne, le sampleur virtuel travaille en 32 bits
float, assurant ainsi une qualité irréprochable.
Au niveau MIDI, HALion est multitimbral 16 parties
(sons jouables simultanément), et peut
contenir 128 programmes (interchangeables via
messages Program Change). On peut jouer jusquà
256 notes en même temps. Tout ceci dépendra
bien sûr de la puissance de votre machine.
La plupart des paramètres sont automatisables
dans Cubase et Nuendo
..mais pas dans Logic
Audio !
Les formats de fichiers reconnus sont plus que
nombreux : Akai S1000 / S2000 / S3000, E-mu 3
/ 3X / ESI / 4 / 4K / E64 / E64000 / ESynth/Ultra,
SoundFonts 2.x, LM4/LM9, REX, ainsi que Wave et
AIFF ! Cest lune des grandes forces
de ce logiciel. La mise à jour en version
1.1 permet de lire aussi le format Gigasampleur.
Quand on pense que tout ceci est valable dans
chaque HALion ouvert, et que vous pouvez en ouvrir
8 dans Cubase VST (32 dans SX !), autant dire
que la machine qui pourra supporter ça
nexiste pas encore. Voilà pour ce
qui est écrit sur le papier. Maintenant,
voyons ce que cela donne concrètement à
lusage.
Installation et ouverture
dans un séquenceur.
Aucun problème dinstallation à
signaler. Il suffit dintroduire le CD dans
votre lecteur, puis de suivre les indications
(si la notification dinsertion automatique
de votre lecteur est désactivée,
il suffit généralement de double-cliquer
sur licône du lecteur et la fenêtre
dinstallation souvre). Apparemment,
il ny a pas de protection visible ni de
numéro de série à donner,
mais sachez que pour mettre HALion à jour
(on en est à la version 1.12), vous devrez
mettre le CD original dans le lecteur, car sil
ny est pas, on vous le demandera.
Le CD dinstallation fonctionne pour PC et
pour Mac (HALion a dailleurs été
le premier sampleur virtuel à sortir sur
Mac
Kontakt vient juste den
faire autant). Si vous voulez bénéficier
du support technique, vous devrez renvoyer le
petit carton denregistrement chez Steinberg
France.
Dans le package sont fournis 1,6 Go de sons de
qualité de chez Wizoo et E-lab,
donc vous pouvez commencer à vous amuser
dès linstallation ! Il y a également
des démos au format mp3 et au format Cubase.
Ouvrir HALion dans Cubase (on peut aussi lutiliser
dans Logic et dans Live, mais vous vous doutez
bien que cest dans Cubase que lintégration
sera la meilleure, logiciel Steinberg oblige)
est dune facilité déconcertante
: pas de difficile paramétrage de port
MIDI ou " loopback ". Il suffit douvrir
le menu " Appareil " de Cubase, puis
" Instruments VST ". Ensuite, vous cliquez
dans la case où est écrit "
Pas dinstrument VST " et vous choisissez
HALion dans le menu déroulant.
Dans linspecteur de la fenêtre darrangement
de Cubase, vous sélectionnez la sortie
MIDI nommée HALion pour la piste qui vous
intéresse. Pour finir, vous cliquez sur
la petite case " Edit " placée
en bas à gauche dans linspecteur.
Et là, cest le bonheur, vous apercevez
linterface graphique dHALion. Il ny
a pas à dire, cest du beau boulot
car cest transparent de simplicité
et de convivialité.
Interface et navigation
La
page qui souvre par défaut est toujours
la page " Macro ", là où
se trouvent les réglages basiques qui sappliqueront
à lensemble des sons dun programme.
On trouve également un clavier virtuel
qui pourra servir pour tester un son ou un réglage
sans devoir utiliser le clavier MIDI de votre
home studio. Ce clavier répond à
la vélocité, selon quon appuie
en haut (vélocité faible) ou en
bas des touches (vélocité forte).
Tout en bas, se trouve un bandeau que lon
retrouvera quelle que soit la fenêtre ouverte,
sur lequel on distingue de gauche à droite
: 16 diodes dactivité MIDI (une par
canal), une diode dactivité disque
dur (jaune pour lactivité et rouge
pour la surcharge), un sélecteur de canal
MIDI et un de sortie audio (sur lequel nous reviendrons).
Enfin, et cest la partie la plus importante,
7 boutons permettant daccéder directement
aux fenêtres dédition : sélection
de canal et programme, répartition des
samples sur le clavier, bouclage, enveloppes et
filtres, modulation et accord, options et macro.
Ce sont ces sept boutons qui vont permettre de
naviguer rapidement dans linterface pour
éditer, boucler, importer
vraiment
simple ! Il faut savoir que lon peut également
utiliser les touches F6 à F11. Seule la
fenêtre principale (sur fond bleu) changera.
Le tour restera le même, avec tous ses accessoires.
Un
premier point négatif concernant linterface
graphique : elle nest pas très lisible
à cause des couleurs employées.
A la longue, les yeux fatiguent. Il vous faudra
obligatoirement un écran de 17 pouces (cest
le standard, mais quand-même), car on ne
peut pas afficher toute linterface sur un
15 pouces ! Lidéal sera, bien sûr,
un système double affichage avec Cubase
dans un écran et HALion dans lautre
mais on na pas tous accès à
tant de luxe !
Niveau visuel, cest très tendance,
genre high-tech avec des effets alu brossé,
des potards rotatifs et linéaires
jaime bien, cest moins austère
que chez Nemesys par exemple, et moins fouilli
que chez VSampler.
Dès que lon quitte la fenêtre
" macro ", un menu avec arborescences,
contenant les programmes et les samples chargés,
reste visible quelle que soit la fenêtre
dédition dans laquelle on se trouve.
Ainsi, on a la possibilité de sélectionner
ce que lon veut puis de léditer
dans la fenêtre qui nous intéresse
: très pratique.
On
trouve également une grosse boule de navigation,
très belle, mais que je trouve personnellement
complètement inutile, vu que la plupart
des souris ont maintenant une fonction "
scroll " qui revient au même. Peut-être
que cette boule se révèlera pratique
pour ceux qui bossent sur Mac (et encore, maintenant,
on peut installer une souris USB avec scroll sur
un Mac). Bref, ça prend de la place dans
linterface et ça ne sert pas à
grand chose. Cela dit, avec un peu dentrainement
Les sept fenêtres
d'édition
Avant de commencer à faire le tour des
fenêtres dédition de HALion,
il faut quau moins un programme soit chargé
dans le logiciel. Pour ce faire, rien de plus
simple. On copie une des banques de sons fournies
avec le logiciel sur le disque dur (vous comprenez
aisément pourquoi ! Pas besoin dexpliquer
quun disque dur est beaucoup plus rapide
quun lecteur de CD-Rom). Ensuite, on lance
Cubase et on ouvre HALion (voir plus haut comment
faire).
En
haut de la fenêtre dinstrument VST,
à côté du bouton rouge de
mise en service du plug-in, il y a une case "
Fichier ". On clique dessus, puis on sélectionne
" charger linstrument ". Dans
la fenêtre qui souvre, on recherche
le fichier portant le nom de la banque que lon
a copiée (lextension est " fxp
"), puis on double-clique dessus. Voilà,
cest tout ! Le programme et les échantillons
sont chargés dans HALion.
Il faut différencier une banque, qui contient
128 programmes (ou instruments) et un programme
qui contient les samples. Cest exactement
comme un expandeur de sons : vous avez des banques
qui contiennent des programmes. Sauf que dans
HALion, on ne peut charger quune seule banque
par occurrence dHALion ouverte (via "
charger banque ", dans la case Fichier).
La fenêtre Chanel/Program
Je
ne vais pas passer trop de temps sur cette fenêtre
car tout est dune simplicité enfantine.
Imaginez quHALion soit un expandeur de sons
qui contiennent 128 programmes (à condition
davoir chargé au moins une banque).
Dans cette fenêtre, vous allez choisir quel
programme sera joué sur tel ou tel canal
MIDI. Vous sélectionnez tout cela grâce
à des menus déroulants, exactement
comme vous le feriez dans la fenêtre darrangement
de votre séquenceur : BassXY sur le canal
1, Drums Bidule sur le 2, etc. Il faut savoir
que vous pourrez faire ceci depuis linspecteur
de Cubase sans aucun problème (mais cest
plus clair ici).
Dans le menu arborescent à droite, un code
couleur vous permet de savoir quels programmes
sonts assignés ou non à un canal.
Enfin, HALion répond aux messages Program
Change en temps réel, ce qui donne encore
plus de possibilités.
Là où cela devient très intéressant
cest lorsque lon jette un il
dans la colonne " Out ". En effet, un
menu déroulant vous permet de choisir une
des 12 sorties virtuelles que vous assignerez
à un canal MIDI. Vous disposez de 4 sorties
stéréo et de 4 sorties mono. Quel
intérêt ? Simple. Imaginez que vous
ayez chargé 6 programmes de batterie dans
HALion : une grosse caisse sur le cananl 1, une
caisse claire sur le 2, le charley sur le 3, et
ainsi de suite. Vous affectez une sortie à
chaque élément de la batterie.
Lors du mixage dans Cubase, vous retrouverez ces
sorties dans le mixeur et pourrez les mélanger
à votre guise et leur appliquer des effets
indépendamment comme si vous aviez enregistré
la batterie sur plusieurs pistes séparées
(ceci à condition que chaque élément
ait une piste MIDI dédiée, bien-sûr).
Elle est pas belle la vie ?
Le problème, bien entendu, va être
la puissance processeur et le travail du disque
dur. Ce que je fais personnellement : une fois
que mes pistes sont prètes, je les transforme
en pistes audio, ce qui est moins dur à
supporter pour la machine.
La fenêtre Keyzone
Cest dans cette fenêtre que vous allez
affecter des samples aux notes du clavier et décider
des paramètres de vélocité.
Vous pourriez, par exemple, attribuer un seul
sample à toute létendue du
clavier et à toutes les plages de vélocité.
Mais ce nest pas très intéressant
car le son ne sera pas bien riche et encore moins
réaliste sil sagit, par exemple,
de sons de batterie.
Lintérêt
va être de pouvoir attribuer plusieurs samples
à la même note MIDI, qui se déclencheront
en fonction de la vélocité. Par
exemple, pour une caisse claire attribuée
à la touche MI 2, vous affecterez un son
de ghost note de 0 à 10 de vélocité,
puis un son de caisse claire classique entre 11
et 115, pour finir avec un son de rim shot de
116 à 127. Le jeu sera dautant plus
réaliste quil y aura de samples.
Mais ce nest pas tout car il est également
possible de superposer des sons : on appelle ce
procédé " layering ".
On peut même appliquer des cross fades entre
les samples.
Dans cette fenêtre, tout est graphique.
Il vous suffit de sélectionner le sample
concerné dans larborescence de droite,
puis de déplacer, agrandir ou raccourcir
les barres représentant les sons, sachant
que laxe horizontal représente létendue
des notes et laxe vertical celle des vélocités.
De longues heures de création en perspective
!
On peut placer les samples en glissant-déposant
également, y compris depuis un dossier
du disque dur, mais il y a alors un problème
: dès que vous allez dans lexplorateur
Windows pour attrapper un sample, linterface
de HALion (en fait, tout Cubase) disparaît
! Pas de panique, il y a une astuce : cliquez
avec le bouton droit dans le haut de linterface
HALion puis désélectionnez "
toujours en avant-plan " (merci à
Feedback pour ce petit truc).
Une critique tout de même, il est assez
difficile de sy retrouver dans un programme
contenant de multiples échantillons et
" couches ". La sélection devient
problématique. Il existe, cest vrai,
des codes couleurs et on peut utiliser loption
" multisample " dans lexplorateur
de droite, mais cest assez confus et indigeste.
Je pense que Steinberg devrait travailler sur
une possibilité de zoom qui serait bien
pratique. Mieux, une couleur de plus en plus foncée
(par exemple) au fur et à mesure que les
échantillons se retrouvent en " arrière
".
La fenêtre Waveloop
(bouclage)
Dans
cette page, vous pouvez régler les paramètres
de bouclage de vos samples. Tous les coups sont
permis : boucle déclenchée quand
on garde le doigt sur la touche du clavier, boucle
déclenchée quand on retire le doigt.
On peut également jouer les samples à
lenvers, faire des répétitions,
ajouter des fondus enchainés
jen
passe et des meilleures.
Ici encore, tout est graphique. Comme dans un
éditeur audio, on sélectionne grâce
à des poignés. Ensuite, il suffit
de sélectionner la fonction qui nous intéresse
et dentrer les données à la
souris ou au clavier.
Deux problèmes importants à signaler.
Le premier : lors de la sélection, la forme
du curseur ne change quune fois que lon
a cliqué. Pas très pratique car
dans la plupart des cas on perd la sélection
de départ. Le deuxième : il ny
a aucun utilitaire de bouclage avec recherche
automatique de point de boucle. Vous devrez tout
faire à loreille.
Une fenêtre très importante pour
les sound designers mais qui empêche tout
travail de précision. Cela dit, les options
disponibles rattrappent ce handicap. Et dans cette
fenêtre, il y a un zoom (ça aurait
quand même été grave dans
le cas contraire).
La fenêtre Envelope/Filter
Vous
laurez compris, cest ici que lon
va filtrer les échantillons pour en changer,
principalement le timbre, la durée et lévolution
dans le temps. De haut en bas et de gauche à
droite, on trouve deux enveloppes ADSR permettant
de faire évoluer le son dans le temps.
Elles contiennent chacune 8 points de réglage.
La première concerne la fréquence
de coupure qui permet de faire varier le timbre
du son tandis que la deuxième concerne
le volume. Il serait très long dexpliquer
tout ceci dans ce test, mais sachez que créativement,
cest impressionnant. Vous pourrez complètement
transfigurer un son tout bête (une simple
sinusoide, par exemple) pour le rendre intéressant.
A signaler que dans cette partie du logiciel,
on peut assigner une des 12 sorties audio à
chaque sample. Que de possibilités !
Ces fonctions sont très importantes pour
les boucles et les sons de batterie pour lesquels
des réglages de filtres différents
seront nécessaires pour les grosses caisses
et les caisses claires (surtout dans les styles
de musiques actuelles). Et pour les nappes : cest
une merveille !
Il ne manque que quelques effets internes qui
font cruellement défaut : impossible de
mettre un chorus, une réverbe ou de la
distortion sur les samples de manière indépendante,
comme on peut le faire dans un sampleur matériel
(qui contient en général un multi-effet
interne). Seul le paramètre " Fatness
" de lenveloppe DCF est supposé
ajouter une disto de type lampe, mais je ne suis
pas vraiment convaincu sur ce coup-là.
La fenêtre Modulation/Tune
On
va parler ici de modulation du son : on choisit
une source qui va moduler un autre son. Tout est
possible mais de manière très complexe.
On peut choisir que la modulation vienne dune
commande MIDI, dun autre son, cest
tellement riche quon finit par sy
perdre ! On bénéficie également
de deux LFO (Low Frequency Oscillator) dont on
peut choisir la forme donde, la fréquence
et la vitesse.
Une autre section de cette fenêtre concerne
laccordage de chaque sample. Essentiel pour
régler le timbre dun fût de
batterie, par exemple.
Un paramètre très important dans
cette fenêtre est nommé " grouping
". Il permet, au sein dun même
programme, de créer ce que lon appelle
des groupes dexclusion mutuelle, cest-à-dire
larrêt dun son par le déclenchement
dun autre. Par exemple, si vous voulez que
le son du charley ouvert sarrête quand
le charley fermé est joué, vous
devrez sélectionner ces deux sons, leur
attribuer un numéro de groupe (différent
des autres fûts), puis une polyphonie maximale
(dans ce cas, une note à la fois). Je trouve
que ce paramètre est très mal documenté
dans la notice fournie avec le logiciel.
Pour finir, la case " Play raw " sera
cochée si vous ne voulez pas que les réglages
de modulation naffectent le(s) sample(s)
concerné(s) et le mode " Drum mode
" permettra de jouer un sample en entier
même en relâchant la touche du clavier.
A partir de la version 1.1, il existe une fonction
nommée " mega trigger " permettant
de définir des conditions qui vont déclencher
des samples. Exemple : si l'on reçoit un
message de note-on, on déclenche ce sample,
et si on reçoit un message note-off, on
déclenche celui-là. Quand vous appuyerez
sur la touche du clavier vous aurez un son et
quand vous la relâcherez, vous en aurez
un autre. Excellent !
Remarque : lors de limport de banques
dans des formats autres que celui propre à
HALion (en particulier les Soundfonts et le format
Akai), le paramètre dexclusion mutuelle
nest jamais conservé. Il faut alors
tout refaire à la main et cest très
pénible.
La fenêtre Options
Personnellement,
cest la fenêtre que je trouve la plus
importante dans le logiciel. Je mexplique
: les musiciens qui font de la MAO veulent faire
de la musique et rarement passer des heures à
régler des paramètres de bouclage,
de LFO ou de modulaiton (et autres). A moins dêtre
de purs créateurs de sons, ils préfèreront
acheter des sons tout prêts et les charger
tels quels dans leur sampleur. Et cest là
quHALion est réellement impressionnant.
La fenêtre Options offre des réglages
généraux de lecture des samples
dune part : proportion de sample préchargé
en mémoire, tampon mémoire du disque
dur, accordage général et volume
général, plus quelques autres options
(comme le réglage de " qualité
" qui permet de gagner des ressources machine
lors de la lecture, tout en conservant une qualité
optimum lors dun export audio). Mais elle
offre, par ailleur, la possibilité dimporter
quasiment tous les formats de banques sons existants
(les plus répandus), dont les formats Akai
et Soundfonts.
Quand on regarde le choix disponible chez Akai,
on se dit que tout est permis. Mais un CD au format
Akai, cest cher ! Alors HALion a été
lun des premiers sampleurs virtuels à
pouvoir importer des Soundfonts. Ce format, mis
au point par E-mu pour les cartes son Sound Blaster
de chez Creative est extrèmement
répandu parce quil est gratuit mais
également parce que les cartes Sound Blaster
sont les plus répandues dans le monde.
On trouve donc des milliers de Soundfonts gratuites
sur Internet, dont certaines excellentes (elles
rivalisent avec certains CD Akai sans problème).
Il faut souligner que la partie import de HALion
a été programmé par le créateur
de lexcellent logiciel CDExtract,
Bernard Chavonnet : un gage de qualité.
Limport de formats externes dans HALion
est un jeu denfant, mais une chose me déplait
vraiment : pour chaque banque importée
(et quelque soit le format), on est obligé
de sauvegarder (importer) tous les échantillons
dans un dossier que lon choisit. Quel est
le problème, me direz-vous ? Imaginez la
place nécessaire sur le disque dur simplement
pour faire des essais de sons ! Vous programmez
une belle tournerie de batterie et vous voulez
tester plusieurs sons : pour chaque banque testée,
vous remplirez votre disque déchantillons
! Ceci est dû, bien entendu, au fonctionnement
du logiciel, mais cest vite pénible.
Il faut alors adapter ses méthodes de travail.
Autre problème : les paramètres
de filtres, de LFO programmés dans les
Soundfonts ne sont pas importés avec les
samples. Pour la super fonte de nappe de synthé,
cest raté. Idem pour les groupes
dexclusion (mais je lai dit plus haut).
Ceci mis à part, la collection de sons
utilisable avec HALion est pour ainsi dire infinie.
Si vous ne parvenez pas à trouver LE son
qui va bien, cest que vous y mettez de la
mauvaise volonté.
Remarque : depuis la version 1.1, le format
Gigasampleur est supporté. Et la
version 1.12 (sortie il y a quelques jours) supporte
le format EXS (Emagic).
Après renseignement auprès dutilisateurs
de HALion, il semblerait que limport de
banques Akai ne soit pas possible avec la version
1.1 sous Windows XP : un bogue connu, apparemment
à surveiller !
Je ne vous ferai pas laffront de vous apprendre
comment importer une banque dans HALion tellement
cest facile. Il sagit dun système
à base dexplorateur où lon
sélectionne les banques, les programmes
et même les samples séparément.
Le logiciel nous demande ensuite de sélectionner
un dossier sur le disque dur, on clique et cest
tout.
Comment faire si vous importez une grosse banque
avec plusieurs programmes et que vous ne voulez
utiliser que le programme 24, par exemple ? Très
simple. Vous maintenez la touche Control de votre
clavier enfoncée puis, dans le menu des
programmes à droite, vous sélectionnez
les programmes qui ne vous intéressent
pas (ils passent en surbrillance). Vous pointez
sur une partie en surbrillance, vous faites un
clic droit et vous sélectionnez "
Unload " dans le menu qui saffiche.
Vous navez plus quà sauvegarder
linstrument (case " Fichier "
en haut de la fenêtre du plug-in) et le
tour est joué. Cela vous évitera
de charger des samples inutiles dans votre mémoire.
La fenêtre Macro
Cest
la fenêtre qui souvre par défaut
dans HALion. On y trouve les mêmes paramètres
que dans les autres fenêtres (filtres, enveloppes
),
mais ils y sont plus basiques. On lutilisera
pour régler rapidement et sommairement
le son dun programme dans son ensemble.
On y trouve tout de même 12 boutons rotatifs
et 10 potentiomètres. Elle est presque
inutile quand on voit toutes les possibilités
disponibles dans les autres fenêtres !
La liste des programmes
Cest
la fameuse liste avec arborescence déjà
évoquée plus haut dans l'article.
Elle est capitale car cest grâce à
elle que vous allez décider déditer
tous les samples dun programme ou seulement
ceux que vous sélectionnez. Cest
aussi depuis ce menu que lon va glisser-déposer
des samples dans la fenêtre Keyzone.
Elle ressemble à une arborescence Windows
classique avec dossiers, sous-dossiers et fichiers
(samples). Le code couleur est bien pensé
pour savoir ce qui est attribué à
un canal, entre autres. Plusieurs options importantes
sont disponibles et en particulier les modes "
All " et " Select " qui permettent
de sélectionner tous les samples en un
seul clic, ou bien de les sélectionner
un par un.
Comment ça sonne
?
Comme jai une Sound Blaster (eh oui !),
jai fait le test suivant : jai choisi
un fichier MIDI avec basse/batterie/clavier et
jai chargé des Soundfonts dans la
carte. Jai écouté le résultat
: pas mal. Puis, jai chargé les mêmes
fontes dans HALion, et jai écouté
: y'a pas photo ! La dynamique est exceptionnelle
: le son est clair, bref, ça sonne.
Concernant les différents
sons fournis dans la boîte, ils sont de
chez Wizoo et e-Lab. Les banques
sont à chaque fois organisées en
version XXL, Mid et Eco. Le piano est correct
sans être transcendant. Jai une petite
préférence pour les kits de batterie
de très bonne qualité, ainsi que
les basses (bourrées de sons de ghost notes,
de glissandos, fret noises
). On trouve aussi
de très bons sons de nappes et de pads.
Ces sonorités vous permettront de pouvoir
vous amuser tout de suite avec HALion. Et la plupart
de ces sons est en 24 bits et ça sentend
!
Par contre, si vous chargez les plus grosses banques
(XXL), prévoyez la machine qui va bien,
parce quelle risque de tousser et surtout,
utilisez un deuxième disque dur pour stocker
les sons, séparé du disque système
et bien défragmenté !
Liste des sons fournis dans la boîte
:
- Acoustic Piano (250 Mo)
- Nylon Guitar (185 Mo)
- Acoustic Drums (160 Mo)
- Percussion (88 Mo)
- Finger Bass (370 Mo)
- Electronic Sounds (divers sons électro)
- DrumTools (Kicks, Snares, HiHats
)
- LoopTools (65 BPM 170 BPM)
- MusicLoops
- SoundTools Samples (Effects and more)
- SoundTools Vox (Vocal effects and more)
Vous pouvez écouter quelques extraits réalisés
par Peter Gorges (le monsieur de chez Wizoo) à
partir des samples du package et dHALion,
disponibles sur les CD en démo :
- vh_bass.mp3
- vh_leadguit.mp3
- vh_drums.mp3
- vh_pad.mp3
- vh_stabs.mp3
- vh_stage.mp3
- vh_strat.mp3
- VanHALion.mp3
(ensemble du morceau)
- HALionMoon.mp3
(autre démo complète)
Conclusion
Bon, vous laurez compris, jai été
littéralement conquis par ce logiciel.
Je navais jamais touché un sampleur
virtuel avant ce test et pourtant, en une heure
maximum (installation comprise), je commençais
déjà à mamuser et à
créer des lignes de basse et des tourneries
de batterie. Je dois dire que le manuel, même
sil manque de précision et de tutorials
est très complet et les fonctions sont
transparentes.
A part quelques défauts dans linterface,
en particulier la sérigraphie moyennement
lisible et quelques modes de fonctionnement qui
sont plutôt pénibles, les possibilités
offertes, alliées à une réserve
de sons illimitée et une facilité
de prise en main déconcertante font de
HALion un excellent logiciel, pour un prix de
320 € environ.
Malheureusement, pour en tirer le meilleur il
vous faudra utiliser Cubase en version 5 minimum
car lintégration dans les autres
logiciels nest pas complète, et il
vous faudra une machine bodybuildée (la
machine de test était " seulement
" un Céleron II 1200 overclocké
à 1500, avec 512 Mo de RAM et un seul disque
dur
mais tout a parfaitement fonctionné).
Dautre part, HALion gagnerait à être
mis à jour plus souvent ou plus profondément.
Une bonne version 2.0 serait la bienvenue, dautant
quavec la sortie de Kontakt, il semblerait
quHALion nait plus le monopole de
la convivialité, de lergonomie et
de la puissance.
Jérôme dit
Ceedjay
Plus
Facilité demploi et de prise en main
Transportabilité (un portable avec HALion
est bien moins lourd quun sampleur matériel)
Enorme sonothèque disponible
Rapport prix/performance excellent
Moins
Lobligation dimporter tous les samples
pour essayer les sons
L'interface pas très lisible
Lobligation davoir une machine très
puissante pour en tirer le meilleur
Pas deffets internes
PAS DE VERSION DEMO DISPONIBLE
Note : 18/20
Configuration PC :
Pentium 266 (600 recommandé)
128 Mo RAM (512 conseillé)
Windows 95/98 ME/2000 ou XP
Cubase VST 5/SX ou Nuendo 1.5 (fonctionne aussi
dans les applications compatibles VST)
Carte son compatible MME ou ASIO (meilleure pour
les performances)
Configuration Macintosh :
PowerMac 604/250 MHz (G3 450 MHz recommandé)
128 Mo RAM (512 conseillé)
MacOS 9.0 ou supérieur
Mêmes logiciels hôtes
Quelques bugs répertoriés :
Avec Windows XP, les CD Akai ne peuvent être
lus avec la version 1.1
Les mises à jour 1.11 et 1.12 mettent plus
de 15 minutes à sinstaller
Problème de "disparition" du
son Avec Windows XP
Redémarrages intempestifs de la machine
sous Windows XP
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