Propellerhead Reason 2.0

Est-t-il encore nécessaire de présenter le logiciel phare de Propellerhead ? Son arrivée dans le monde de la musique assistée par ordinateur avait balayé pas mal d'idées reçues sur les studios virtuels. Il prouva qu'un logiciel pouvait sonner aussi bien que son équivalent matériel, et révolutionna du même coup la façon de composer. La version 2.0 comporte des modules et des fonctions supplémentaires qui poussent encore plus loin le concept. Indispensable ? C'est ce que nous allons voir.

Si vous revenez d'un périple de trois ans en Alaska, il est peut être utile de reprendre l'histoire depuis son commencement. Pour les autres, qui connaîtraient déjà bien le logiciel, il est conseillé de se référer au paragraphe ' Quoi de neuf '.

Qu'est-ce qu'un studio virtuel ?

Reason est ce que l'on appelle un Studio Virtuel, un logiciel qui propose de recréer sur votre ordinateur l'équivalent d'un home studio moderne. Quel intérêt ?

Tout d'abord le prix. Tout le monde ne peut pas s'offrir un studio de production moderne. Ensuite la convivialité ; plus de câbles à brancher, plus de prise de tête avec le MIDI, et surtout, la possibilité de retrouver un morceau dans l'état dans lequel on l'avait laissé. Pas toujours évident avec des instruments vintage ! Pour finir, le plaisir d'emporter son studio n'importe où, pour peu que l'on possède un ordinateur portable.

Bien sûr, l'on peut y trouver quelques désavantages, comme l'absence de contrôleurs physiques. Tout piloter à la souris peut paraître rebutant de prime abord, mais il existe de multiples contrôleurs MIDI qui s'en arrangeront très bien, et puis, il est tout à fait possible d'y connecter un clavier maître pour plaquer des accords comme sur un vrai piano.

Mais la plus grosse critique émise à l'égard des studios virtuels a trait à leurs capacités sonores. Avant Reason et même Rebirth sont petit frère, les logiciels de ce genre faisaient plutôt sourire les amateurs. Aujourd'hui, beaucoup d'entre eux troqueraient volontiers leur matériel pour un ordinateur.

Quel est le principe ?

Le concept de Reason est simple. Vous allez construire votre home studio en piochant des instruments et des effets dans une bibliothèque.

Le logiciel possède plusieurs atouts qui l'on vite placé très loin de ses concurrents, notamment une interface se voulant proche du réel : on retrouve le principe des racks que l'on range dans un ' meuble ' vertical. Ceux qui possèdent un studio ne seront pas dépaysés, les autres en comprendront très vite le fonctionnement.

Reason privilégie la simplicité, pas besoin de passer dans de multiples sous-menus pour arriver à ses fins, un clic droit sur la souris et la liste des modules apparaît. Une fois sélectionné, le module s'insère automatiquement dans le studio.

L'autre grand avantage de Reason est qu'il donne à l'utilisateur le pouvoir d'assembler les modules comme il l'entend, et ceci d'une manière originale : une pression sur la touche tabulation fait pivoter le meuble qui présente alors la face arrière des instruments. C'est là qu'intervient le premier choc : des câbles relient les instruments entre eux exactement comme ' en vrai ' !

Il est possible de modifier le câblage pour une utilisation plus poussée. Rassurez-vous, vous pourrez très bien vous en passer si vous n'y connaissez rien, le logiciel s'en charge automatiquement. Cependant, si vous souhaitez utilisez Reason à 100% de ses capacités, il faudra passer par là. Vous trouverez quelques exemples d'astuces de ce genre dans nos tutoriaux.

Encore une chose sur les câbles, les programmeurs sont allés jusqu'à les faire bouger quand on les tient du bout de la souris. Ce n'est pas grand-chose, mais la première fois c'est saisissant, et cela donne une idée du niveau de finition apporté par l'équipe de développement. On retrouve cette petite touche un peu partout, les faces avant et arrières des instruments pourraient être la copie d'instruments réels, on aperçoit la visserie, les numéros de série et les grilles de ventilation… Cela ne sert à rien, mais qu'est ce que c'est beau !

Un peu d'action

Une belle interface ne fait pas tout, il est temps de passer aux choses sérieuses. Une fois lancée, nous voici devant l'interface principale. La fenêtre est divisée en deux, en haut se trouve le studio, et en bas le séquenceur. Un clic droit sur la partie vide du ' meuble ' et un menu s'affiche, contenant la liste des modules disponibles. Après en avoir sélectionné un, il s'insère dans le studio. Dans le même temps, une nouvelle piste est créée dans le séquenceur.

Cette piste contiendra les données de notes mais aussi les données MIDI car il est possible, pour chaque module, d'enregistrer le mouvement des potentiomètres, boutons et autres molettes en temps réel, et bien évidemment, de les retoucher précisément par la suite. De quoi automatiser un morceau dans le détail.

Ceux qui ne se sentent pas à l'aise avec les séquenceurs logiciel devraient lire ceci : Reason ne vous oblige pas à l'utiliser. Les programmeurs ont en effet pensé à ceux qui aiment composer directement sur les machines. Certains instruments, comme la boîte à rythmes, peuvent fonctionner par eux-mêmes grâce à leur mini séquenceur intégré. Il est alors tout à fait possible de composer un morceau entier sans l'aide du séquenceur, d'autant plus que le module Matrix, que je détaille un peu plus bas, facilite la composition de boucles mélodiques, dans l'esprit de la fameuse TB-303.

Nous reviendrons sur le séquenceur un peu plus tard.

Les instruments

Au nombre de six, ils couvrent la grande majorité des instruments que l'on retrouve dans un home studio.

SUBTRACTOR

Subtractor est un synthétiseur polyphonique qui fonctionne par synthèse soustractive. Ce module produit un large panel de sons, allant des sons percussifs aux nappes les plus douces.

Il propose deux oscillateurs ainsi qu'un générateur de bruit, deux filtres qui peuvent agir en interaction, trois enveloppes dont une assignable ainsi que deux LFO. Même si les possibilités de routing ne sont pas aussi complètes qu'on l'aurait souhaité, la qualité des sons est honorable.

NN-19

Le module NN-19 est un lecteur d'échantillons qui gère les multisamples. Kesako ? Imaginons que l'on ait besoin d'un son de piano réaliste. Utiliser un seul sample de piano ne conviendrait pas, car la déformation du son dans les octaves inférieures ou supérieures serait flagrante. Par contre, si l'on utilise plusieurs samples comme références, le son est beaucoup plus fidèle à l'original. L'intérêt de ce module est cependant moindre depuis la version 2.0 car le nouveau module NN-XT (que je détaille plus bas) lui vole la vedette en proposant les même fonctions ainsi que d'autres plus poussées.

REDRUM

Redrum est une boîte à rythmes numérique. C'est-à-dire qu'elle ne créée pas de son en temps réel, mais utilise des samples. Son fonctionnement rappelle celui des boîtes à rythmes Roland : vous choisissez un son et vous indiquez, en appuyant sur un des 16 boutons principaux, à quel moment il doit intervenir.

Ceux qui ne comprennent rien aux portées traditionnelles y trouveront une alternative intéressante, car beaucoup plus intuitive. De plus, cette façon de programmer se prête particulièrement bien aux rythmes. Cependant, comme les sources sonores sont des samples, il est tout à fait possible de détourner ce module de sa fonction première et d'utiliser n'importe quel son.

Vous aurez 10 pistes à votre disposition, chacune possédant des réglages assez complets, comme la possibilité de définir la longueur du son, très pratique pour changer rapidement la texture d'un son. Une fois votre sélection de sons effectuée, vous pourrez la sauvegarder sous forme de patches que vous pourrez rappeler lors d'une prochaine utilisation.

On trouvera également la fonction 'flam' qui émule un roulé, et la fonction 'shuffle' qui rend le rythme moins 'carré' en lui insufflant du swing. Pour finir, vous pourrez choisir entre deux modes de lecture pour les pistes 8 et 9 : le premier permet de jouer deux sons simultanément, le deuxième choisit l'une des deux pistes.

Pour finir, vous pourrez, si vous êtes en manque d'inspiration, créer des patterns aléatoires. Cette fonction, déjà disponible dans Rebirth, permet de faire intervenir le hasard dans les compositions. Ceci nous rapproche de certains effets produits fortuitement - mais que l'on aimait provoquer - sur certains instruments vintage (comme la TB-303) qui, lors du changement de piles, produisaient des patterns inattendus.

DR REX

Le module dr : rex est un sampleur un peu particulier. Il utilise le format propriétaire REX issu de Recycle. Ce logiciel (non fourni avec Reason) permet, entre autre, de décomposer un sample en plusieurs entités distinctes. Il offre deux avantages principaux. Celui de pouvoir ralentir ou accélérer le tempo sans en affecter le sample, et celui de pouvoir déclencher chaque entité individuellement.

Trop abstrait ? Voici quelques exemples

Ici j'ai chargé un sample au format Rex puis j'ai appuyé sur play. J'ai ensuite accéléré puis ralenti le tempo principal. Avec un sampleur classique, l'échantillon aurait du se décaler à la moindre évolution de tempo. Ici ce n'est pas le cas.

Voici maintenant un exemple qui permet de comprendre les possibilités de reconstruction d'une boucle. J'ai chargé un son, puis j'ai coché l'option ' select slice via midi ', ce qui me permet de déclencher chaque entité par une note de mon clavier maître. J'ai alors ' joué ' avec les entités pour créer une nouvelle boucle.
Amateurs de drum & bass et de jungle ce module est pour vous !

Dernier élément intéressant, il est possible de modifier le pitch, la panoramique, le volume et le decay de chaque slice, ce qui ouvre le champ à de multiples expérimentations !

Pour finir sur les instruments, il n'est pas possible de créer des sons aléatoires, ce qui en soi n'est pas grave mais ce genre d'options est toujours sympathique quand on est en panne de créativité. De plus, il est bon de signaler que même avec la version 2, il n'existe toujours aucun module permettant d'enregistrer ses propres échantillons. C'est tout à fait regrettable pour un logiciel de ce genre. Espérons que les suédois rectifient le tir dans une prochaine mise à jour.

Un point important à signaler concerne l'explorateur de chargement des sons. Son intérêt ne réside pas dans son aspect graphique mais dans une fonction très pratique. Dans n'importe quel logiciel, quand on fait appel à l'explorateur, il faut naviguer parmi plusieurs répertoires avant de tomber sur le bon. Ce n'est pas très important, mais quand on cherche un son particulier ou que les répertoires changent souvent, les retrouver peut prendre du temps. Dans Reason, il suffit de cliquer sur une icône pour se retrouver dans le répertoire racine. Il est également possible, dans les préférences, de définir quatre autres répertoires qui bénéficieront d'une icône idoine. C'est tout bête mais terriblement efficace et en utilisant d'autres programmes, on se demande même pourquoi personne n'y avait pensé avant.

Les effets

Le reste des modules concerne les effets. Vous pouvez les connecter sur la table de mixage comme effets auxiliaires, ou bien directement sur les modules pour une utilisation personnalisée. En fait, Reason n'impose pas une seule façon de les utiliser, et bien souvent de multiples interconnections transforment le son d'une façon inattendue, ce qui vient palier le manque d'effets proposé (seulement huit). C'est d'autant plus dommage que la version 2 n'en propose pas de nouveaux.

On devra donc se débrouiller avec une reverb honnête mais qui pourrait faire mieux, un delay plutôt réussi, un compresseur/limiter convaincant, une distorsion bien trop faiblarde (je vous conseille de chaîner les modules), une enveloppe de filtre, un chorus/flanger, un phaser, et un égaliseur paramétrique.

Dans l'ensemble, ils sont plutôt convaincants, même si certaines fonctions leur font défaut (comme un paramètre delay permettant de retarder l'effet).

Les autres modules

MIXER

Mixer est une table de mixage 14 pistes. C'est sur elle que vous connecterez les instruments. Généralement, on associe une piste à un instrument (mais ce n'est pas obligatoire), ce qui permet de mixer 14 sources sonores différentes.

Si vous avez besoin de plus, vous pouvez reliez plusieurs Mixer. La limite d'interconnexion n'étant déterminée que par la puissance de votre ordinateur, vous pourriez, par exemple, connecter 9 tables de mixage pour vous retrouver avec 126 pistes. Le plus difficile étant de trouver un écran assez grand pour tout afficher...

A noter que ce module est lui aussi entièrement automatisable. Vous pourrez piloter les faders et tout les boutons à partir du séquenceur ou d'un contrôleur MIDI. Idéal pour enregistrer un mixage évolutif ou pour une prestation live.

MATRIX

Matrix est un module à part car il ne produit aucun son. Pourtant c'est l'un des modules les plus intéressants de Reason. Inspiré des séquenceurs analogiques des débuts de la MAO, il fait office de contrôleur graphique, et permet une composition monophonique idéale pour les boucles. Vous pourrez choisir jusqu'à 32 pas pour les patterns, et définir la vélocité et le glissé entre chaque note. De plus, comme avec le module Redrum, vous aurez la possibilité de créer des patterns aléatoires. Ce module est très puissant et vous pourrez lui trouver d'autres fonctions. Nous évoquons certaines d'entre elles dans nos tutoriaux.

REBIRTH INPUT MACHINE
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Rebirth input machine est un module spécifiquement conçu pour le logiciel Rebirth de Propellerhead. Il permet de séparer les pistes et de pouvoir les mixer directement dans Reason. Si vous ne possédez pas Rebirth ce module ne vous servira à rien.

Interactivité et MIDI

L'interface hardware de Reason peut gérer 64 canaux midi divisés en 4 bus de 16 canaux. C'est très utile car il faut savoir que la majorité des boutons et autres tirettes peuvent être commandés par un contrôleur MIDI. La procédure est on ne peut plus simple : une fois la souris positionnée sur un bouton on clique droit, puis on choisit le menu ' edit MIDI remote mapping '.

En bougeant un élément de votre contrôleur, vous assignerez celui-ci au bouton en question. Pas de contrôleur externe ? Vous pourrez assigner une touche de votre clavier au bouton.

Dans ce même menu, l'option ' edit automation ' affichera, dans le séquenceur, une piste d'automation spécifique au bouton donné, qui affichera les contrôles déjà enregistrés et vous permettra d'en insérer d'autres.

L'INTERFACE MIDI
:

Le séquenceur

Bien que beaucoup plus simple que les grosses pointures que peuvent être Cubase ou Logic, le séquenceur de Reason se montre d'une simplicité et d'une efficacité à toute épreuve.

Attention, simple ne veux pas dire simplet. Partant du principe que très peu de personnes utilisent 100% des capacités des machines à gaz précédemment citées, les concepteurs ont préféré garder les fonctions les plus utiles.

Comme annoncé précédemment, une piste est créée pour chaque instrument et propose deux modes visuels. Le premier donne une information sur le contenu des mesures. Ainsi, si vous avez enregistré plusieurs accords, vous verrez grossièrement des traits indiquant que des données existent. Cette vue grossière est particulièrement utile lors du montage final, puisque vous pouvez créer des groupes de mesures facilitant le copier coller, ou tout simplement créer un repère visuel en changeant la couleur des groupes.

L'autre mode affiche plus précisément toutes les données de la piste : les notes sont représentées par des rectangles que l'ont peut étirer ou réduire pour en affecter la longueur. A gauche et verticalement s'affiche un mini clavier qui sert de point de repère pour chaque note. On peut également afficher toutes les données MIDI sous forme de courbes que l'on peut redessiner en fonction des besoins. Par exemple pour créer un ' fade in ', on affiche les données de vélocité puis, avec l'outil ' line ', on dessine une pente de la durée souhaitée.

En haut du séquenceur, on règlera les paramètres de la fonction Quantize, qui permet de recadrer les notes jouées dans une tablature donnée. Indispensable pour un calage précis.

La barre de contrôle ressemble à celle de cubase. A gauche est indiquée la quantité de CPU utilisé et au-dessous une diode vous informe sur le clipping (si il y a saturation). Vous y règlerez le tempo, la signature du morceau, le niveau du métronome, la position de la tête de lecture, les points de loop ainsi que la quantité générale de shuffle (groove rythmique). Deux modes d'enregistrement vous seront proposés, ' overdub ' et ' replace ' qui décideront du comportement à adopter dans le cas où vous enregistreriez sur la même piste.

Dernier point, imaginons que vous ayez automatisé un morceaux. Si, pendant la reproduction, vous décidiez de retoucher les paramètres des modules, l'automatisation serait alors ' écrasée ' temporairement. Pour la rappeler, une pression sur la touche ' reset ' suffira. Très pratique pour essayer de nouveaux réglages sans écraser les anciens.

Ce séquenceur présente néanmoins deux points négatifs. Tout d'abord, il est impossible de l'utiliser piloter des instruments externes (réels ou virtuels), ce qui est fort regrettable.

Ensuite, il est impossible de définir un nombre de mesures avant que l'enregistrement ne débute. On est donc obligé de les créer à la main. Ce point n'est qu'un détail, mais qui fait tâche quand on voit le niveau de finition général de Reason.

Quoi de neuf ?

Les mises à jour sont rares mais de qualités chez Proppellerheads. Avec la version 2.0 on était donc en droit d'attendre de nouveaux modules et de nouvelles fonctions. C'est le cas. Commençons par les instruments.

MALSTROM

Malstrom est un nouveau synthétiseur un peu spécial, qui fonctionne sur le principe de la synthèse granulaire. Explication : les oscillateurs, qui sont la source sonore des synthétiseurs classiques, utilisent des formes d'ondes simples. Carrées, dents de scie, triangles, sinusoïdes. C'est le cas du module Subtractor par exemple. Dans le cas de Malstrom, les oscillateurs utilisent des échantillons complets. On peut, de plus, déterminer pour chacun d'entre eux le sens et la vitesse de lecture et jouer sur la tête de lecture. Ces options offrent des potentialités incroyables !

Comme un exemple vaut mieux qu'un discours compliqué, passons à la pratique. Pour notre expérience chargeons le son 'throat' dans un oscillateur du module malstrom.

Le son est répété jusqu'à ce que je lâche la touche du clavier. Maintenant, en tournant légèrement sur la droite le potentiomètre motion, je vais accélérer la lecture du son, puis je tournerai le bouton sur la gauche pour le ralentir.

En tournant complètement le bouton sur la gauche, la vitesse de lecture est nulle, mais le son continue de tourner en boucle. On entend donc une fraction du début du son qui boucle sur elle-même. Et alors vous me direz ? Et bien, en bougeant le bouton index, on avance la tête de lecture tout le long du son, on peut donc la bloquer sur une partie voulue de l'échantillon. On appelle ces petites parties des grains, car, dans la synthèse granulaire, le son est décomposé en de multiples éléments.

Maintenant écoutons le résultat avec notre sample de vocalises.

Plutôt sympa non ? avec un seul des oscillateurs ! Imaginez la richesse des sons que ce module peut produire si les deux fonctionnent de concert, sans parler des modifications que l'on peut leur affecter, ou encore des multiples reconnexions rendues possibles quand on retourne le module. Un champ d'expérimentations immense ! Le paradis pour les bidouilleurs en herbe.

Seules ombres au tableau, il est impossible d'importer ses propres formes d'onde. C'est regrettable ! On aurait également souhaité pouvoir définir la grosseur des grains comme on peut le faire avec le module granulaire de Reaktor, le logiciel de Native Instrument. Prions pour qu'une mise à jour corrige ça.

J'allais oublier, ce module peut également être considéré comme un effet, puisqu'il propose deux entrées audio, auxquelles vous pourrez connecter d'autres modules. Vous pourrez également le connecter en insert sur la table de mixage. Dans cette configuration, seuls le filtre et le ' shaper ' agiront. Les résultats obtenus sont parfois surprenants. A regarder de près.

Et ça continue encore et encore

NN-XT

Le dernier petit nouveau est le module NN-XT. Ce sampleur peut s'apparenter à une version boostée aux hormones du module NN-19.

Que propose-t-il de plus ? Tout d'abord, il dispose de 8 sorties stéréos, ce qui offre l'avantage de pouvoir mixer les différentes parties des patches individuellement. Ensuite, en plus des multisamples, il est possible de créer des sons multicouches, en empilant les sons sur les mêmes zones du clavier. En appuyant sur une touche, vous déclencherez ainsi plusieurs sons simultanément. De quoi créer des sons d'une grande richesse.

Pour la première fois dans Reason, il est enfin possible de ' retailler ' un son précisément : on peut définir la zone de début et de fin du son, mais également le point de boucle et le mode de lecture (pour ces deux dernières manœuvres, c'était déjà le cas dans les versions précédentes). Par contre, ces réglages s'opèrent à l'oreille puisque les formes d'ondes ne sont pas visibles.

L'autre atout de ce module est la pléthore de paramètres disponibles. On retiendra la possibilité d'alterner différents sons à chaque note jouée, ce qui peut être utile si l'on veut accentuer le réalisme des sons. En effet, dans la réalité, les événements sonores répétitifs revêtent quelques nuances. Prenons comme exemple les sons produits par une gouttière. Chaque goutte d'eau possède ses propres caractéristiques (poids, vitesse, matière) qui influeront sur le son lorsqu'elle viendra s'écraser sur le sol.

Pour tenter de reproduire cet effet, il faut enregistrer le son de plusieurs gouttes d'eau et les alterner à la lecture. Même si le résultat n'est pas parfait, il est toujours meilleur qu'un même son répété, supercherie que l'oreille détecterait immédiatement. On retiendra également la possibilité de programmer le déclenchement d'un son suivant une vélocité donnée.

Dans le cas d'un multisample composé de notes contiguës, il peut être rébarbatif d'assigner chaque note à des zones différentes du clavier. C'est pourquoi les développeurs ont pensé à intégrer une fonction automatique, qui place les sons en fonction de leur hauteur (pitch).

Toutes ces possibilités font du NN-XT un module très complet, qui peut même s'avérer très complexe. Son petit frère, le module NN-19, en devient presque inutile et ne sert en conséquence plus que pour une utilisation basique et rapide.

C'est que le début d'accord d'accord

Continuons notre découverte des nouveautés apporté par la version 2. Les utilisateurs on été entendus, il est maintenant possible de détacher le séquenceur de la fenêtre principale pour l'avoir en plein écran. Si vous possédez une carte vidéo vous permettant d'y connecter un écran supplémentaire, vous pourrez même séparer le studio du séquenceur. C'est la grande classe … et c'est surtout très pratique.

ô joie, il est maintenant possible de synchroniser les LFO au tempo du morceau, ou bien à ses subdivisions. C'est valable pour les modules Subtractor, Malstrom, NN-19, NN-XT, Dr. Rex, et les effets CF-101 et PH-90. Finie la bidouille ! Il est cependant impossible de déterminer l'offset de départ.

Dans le séquenceur, de nouveaux outils ont fait leur apparition. L'eraser tool efface un ou plusieurs événements d'un coup d'un seul après sélection, qu'il s'agisse de données de note ou bien des données MIDI. Rapide et efficace.

Le line tool est très pratique pour dessiner des droites. Il sera par exemple utile pour créer des évolutions de volume (fade in , fade out) sans se prendre la tête. Le magnifying tools zoom sur un bout de la partition après sélection, tandis que l'Hand tool fait défiler la partition dans toutes les directions, évitant ainsi de devoir jouer avec les ascenseurs. Des ajustements qui n'ont l'air de rien, mais qui facilitent de beaucoup les manipulations.

Cette nouvelle version apporte également une compatibilité Mac OS X et Windows XP, la gestion du très répandu format SoundFont pour les modules NN-XT, NN-19 et REDRUM, et la gestion des samples haute résolution (24 bit). De plus, les sauvegardes incluront dorénavant différents paramètres comme l'état du séquenceur (fenêtre détachée ou pas), la position et la taille de la fenêtre, l'état visuel des racks (face avant, arrière), le zoom et ce genre de détails.

Pour finir sur les nouveautés, ce n'est plus deux CD que vous trouverez dans la boite mais trois ; le troisième contenant la nouvelle banque de sons orchestraux. On y trouve des sons pour les modules NN-XT. A noter que la banque de sons principale, qui occupe le deuxième CD (la premier étant réservé au programme), n'a pas évolué depuis la version 1.0, en dehors bien évidemment de l'ajout de sons pour les nouveaux modules.

Le plus court chemin entre l'idée et la réalisation

Inutile de se voiler la face, les logiciels et l'informatique en général rallongent, de par leur interface physique et logicielle, le cheminement d'une idée à sa réalisation, ce qui bride la créativité. Cependant, tant que l'on n'aura pas inventé un système de transmission Pensée/ MIDI, on devra s'en accommoder.

Reason est intéressant car il limite ce cheminement. Il ne faut pas plus de deux clics pour connecter un instrument et commencer à l'utiliser. Pas de menus interminables, pas d'options cachées, tout est transparent, directement accessible sur l'interface ou par un clic droit. On compose facilement et intuitivement sans se préoccuper de technique. Un vrai bonheur.

Reason est tellement intuitif qu'il m'est arrivé plusieurs fois pendant le test de sauvegarder les sessions pour les retravailler plus tard.

Ce qu'il n'est pas possible de faire avec Reason

Reason serait donc le logiciel ultime ? Et bien non, il subsiste encore quelques 'oublis' aberrants. Ainsi aucune sortie MIDI n'est gérée, ce qui rend impossible le contrôle d'instruments externes, qu'ils soient virtuels où réels. C'est d'autant plus frustrant que le séquenceur de Reason s'y prêterait très bien. Dans le même ordre d'idées, ne comptez pas utiliser vos plugins préférés ou enregistrer une source sonore, ces fonctions ne sont pas implémentées et ne le seront probablement jamais. C'est sûrement le fruit d'une politique très pensée, mais cependant regrettable pour l'utilisateur qui devra, de ce fait, utiliser d'autres programmes simultanément. Et même si certain s'y prêtent admirablement (le logiciel LIVE d'Ableton), on aurait souhaité un logiciel pouvant fonctionner en totale autonomie.

Autre petit détail, le clavier de l'ordinateur ne peut pas être utilisé comme un mini piano, une fonction basique que proposent de nombreux logiciels de ce genre (fruityloops au hasard). Là aussi, il faudra passer par un logiciel externe. Utilisateurs de mac, vous trouverez ce genre de choses ici, et utilisateurs de PC, (celui-ci est gratuit).

Pour finir, il vous sera impossible de changer la signature des morceaux et de programmer des changements de tempo. Autant le savoir tout de suite.

Conclusion

Malgré tout, Reason reste LE studio virtuel de référence. On a plaisir à l'utiliser dans ses moindres détails, son aspect réaliste ne sert à rien mais lui donne une âme dont peu de logiciel peuvent se targuer. Son interface est aussi belle que fonctionnelle, et permet d'aborder la création sans devoir passer par la case mode d'emploi. L'ajout de modules supplémentaires n'est limité que par la puissance de votre ordinateur et le plus important : Reason ' sonne ' !

Reste à savoir si la version 2 est indispensable pour ceux qui possédaient déjà la version précédente. Si vous vous sentiez limité par le panel de sons de la première version, Malstrom vous étonnera par la richesse et l'originalité des sons qu'il peut produire.

Le nouveau module NN - XT quant a lui, est une amélioration majeure du module NN-19, ses fonctions d'édition puissante vous apporteront beaucoup de souplesse si vos productions se nourrissent de samples. Pour finir, si vous possédez une carte vidéo offrant le double affichage vous profiterez d'un grand confort pour composer. A vous de vous faire une reason…

Note : 17/20

Cyril Colom

Prix : 449 €
Distributeur :
Midiman France
Tél. : 0810 001 105 (Numéro Azur )
Support : 0820 000 731 (Numéro Indigo)
E-mail: midimanfrance@midiman.co.uk

Configurations requises :

PC Mac
- Processeur : Pentium II / 233 MHz
- Ram : 64 MB
- OS : Windows 98, NT, 2000, XP
- Carte son : compatible 16 bits
- Carte graphique : 800x600 / 256 couleurs
- Lecteur CD-ROM
- Processeur : 604, 604e, G3, G4 / 166 MHz
- Ram : 166 MHz
- OS : Mac OS 9.0 + OSX
- Lecteur CD-ROM

Tous les menus des préférences :

Menu audio   Menu général
Menu MIDI   Menu MIDI avancé
 
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