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Native Instruments
Spektral Delay 1.5.2

Les allemands de chez Native Instruments nous
ont habitués depuis plusieurs années
à leurs instruments virtuels puissants
et de qualité, en plug-ins ou en versions
stand-alone (ne nécessitant pas de logiciel
hôte tel quun séquenceur),
en particulier leurs émulations dinstruments
réels célèbres qui ont marqué
leur époque (orgue Hammond avec le B4,
Prophet 5 avec le Pro 52, DX 7 avec le FM
7
).
On a pu également écouter la qualité
des filtres et modulations créés
par Native Instruments avec, surtout, Absynth
et Kontakt.
Mais jusquà aujourdhui, aucun
logiciel deffet nétait sorti
de limagination et de la maîtrise
des ingénieurs et programmeurs de la marque.
Cest chose faite avec ce premier volet dune
série deffets virtuels nommée
NI-Spektral Series : le Delay.
Encore une unité de delay, allez-vous dire
! Oui, mais il sagit en fait dun logiciel
hybride, avec de telles possibilités soniques
quon peut lutiliser comme un véritable
instrument. Et toute cette puissance repose sur
un mode de fonctionnement bien particulier et
novateur.
Principe de fonctionnement
novateur ?
Les unités deffets classiques, quelles
soient logicielles ou matérielles, travaillent
sur ce que lon appelle des blocs (ou trames)
de données. Cest-à-dire quelles
découpent le son qui leur est envoyé
en une multitudes de petits bouts de son quelles
traitent séparément (en appliquant
leffet que vous désirez). Puis elles
les " recollent " pour donner, en sortie,
le son affecté. Elles se basent donc uniquement
sur des unités de temps.
Cest sur ce principe que la série
NI-Spektral est différente. En effet, une
fois le son à traiter découpé
en morceaux, le logiciel analyse, en temps réel,
le contenu spectral de ce son (gràce à
un procédé nommé Transformée
Rapide de Fourier : voir larticle de lEspace
Cubase sur le sujet, ici),
et le découpe en une multitude de bandes
de fréquences sur lesquelles leffet
sera appliqué séparément.
Le NI-Spektral Delay travaille donc sur une base
fréquencielle. En dautres termes,
vous pourrez appliquer un effet (ici, un delay)
uniquement sur les basses ou sur les aigus, en
fonction du résultat recherché.
Vous pourrez également choisir quelles
fréquences seront plus affectées
que les autres. Concrètement, si vous enregistrez
une guitare et que vous voulez appliquer un delay
uniquement sur les notes graves, il vous faut
Spektral Delay.
Pour faire la même chose avec un matériel
classique, il vous faudrait autant de filtres
passe-bande que de fréquences à
extraire
et autant dunités de
delay que de fréquences à traiter
! Ici, vous avez tout ça en une seule unité,
et en temps réel. Mais ce nest pas
tout car SD (Spektral Delay, que nous nommerons
ainsi à partir de maintenant) offre dautre
possibilités de modifications du son, en
plus du simple delay.
Présentation,
installation et mise en route du logiciel
Spektral Delay est livré dans une boîte
contenant le CD dinstallation du logiciel
(valable pour Mac et PC, et pour toutes les versions
du soft : en plug-in VST et DirectX, et en stand-alone),
le manuel et différents documents liés
à lenregistrement du programme auprès
du constructeur (ceux qui ont Internet senregistreront
en ligne, ce qui prend moins de cinq minutes).
Il faut bien ladmettre, le manuel, même
sil est bien traduit, a très peu
dintérêt. Il se limite à
un catalogage des fonctions du logiciel. Aucun
tutoriel de mise en route. Les explications pour
linstallation sont réduites à
leur strict minimum. Par exemple, on y parle dun
répertoire NI-SPEKTRAL DELAY DEMO, où
sont supposés se trouver des programmes
et des samples de "démarrage rapide"
: ce répertoire nexiste pas !
De même, aucune explication nest donnée
quant à lutilisation du soft en mode
plug-in (insert ou send ?). Il semblerait que
NI (Native Instruments, que nous nommerons ainsi
à partir de maintenant) aient jugé
que leur programme était réservé
aux initiés en raison de sa complexité.
Je ne sais pas
mais quand-même. Les
manuels sont souvent rédigés par
des ingénieurs et pas par des musiciens,
il serait temps de penser un peu à eux.
Un petit tutoriel en ligne aurait été
sympathique pour illustrer les fonctions énumérées
dans le manuel. En revanche, pour ceux qui sont
habitués à ce type de soft, il y
aura moins besoin du manuel.
Passée cette (petite) mauvaise surprise,
on introduit le disque dans le lecteur de CD-Rom,
on double-clique sur le fichier " Setup.exe
" et le logiciel sinstalle sans problème.
En choisissant " installation personnalisée
", vous pourrez, si vous le voulez, installer
uniquement la version plug-in, en version VST
ou DX, ou uniquement la version stand-alone, ou
tout.
Une fois linstallation terminée,
lorsque vous lancez le programme pour la première
fois, un code dactivation vous est demandé.
Ici, pas besoin de téléphoner ou
daller sur Internet pour récupérer
un numéro, il suffit de donner celui qui
figure sur la boîte et sur le manuel : cest
un bon point pour NI. Il vous sera ensuite demandé,
de temps à autres, dinsérer
le CD original dans votre lecteur et de retaper
votre code. Il suffit davoir ces éléments
à portée de main.
Le CD est impossible à copier (ne me demandez
pas si le système est sûr, je nai
pas essayé de le copier !). Sur la face
non sérigraphiée on trouve deux
petits trous qui empêchent la gravure. Pour
les besoins du test, jai installé
toutes les versions du logiciel, sachant que le
séquenceur utilisé était
Cubase VST, en version 5.1, sous Windows XP. On
verra plus loin que la version stand-alone aura
ses avantages, surtout pour ceux qui fabriquent
des samples.
Lors des premières utilisations, ma machine
sest bloquée à plusieurs reprises
! En mode plug-in, le fait de cliquer sur un programme
dans SD me fermait purement et simplement Cubase
! Je suis donc allé sur Internet visiter
le site NI. Après avoir entré mes
coordonnées et mon numéro de série,
jai pu télécharger la mise
à jour 1.5, avec un moteur audio réécrit
et beaucoup plus stable. Plus de problème
après ça. Vous aurez également
accès à un forum spécial
SD sur le site Native
Intruments.
A noter qu'après la mise à jour,
impossible de désinstaller le logiciel
de manière classique. Les logs dinstallation
sont écrasés par la mise à
jour. Il faut donc désinstaller à
lancienne, en nettoyant tout soi-même
(système et base de registre
merci
pour les débutants).
Pour configurer le logiciel (choix du pilote audio
de carte-son, options MIDI), il faudra ouvrir
la version stand-alone. Cette partie est relativement
bien documentée, donc pas trop de souci.
En terme de consommation CPU, cest très
honorable. En mode plug-in, environ 8 % sur la
jauge CPU de Cubase. En mode stand-alone, Windows
XP me donne 4 % de CPU utilisé. Plus que
correct vue la puissance du bazard. La machine
utilisée pour ce test est composée
dun Céléron II Tualatin overclocké
à 1450 MHz, avec 512 Mo de mémoire
et deux disques durs 7200 rpm (un système
et un audio). Voilà, maintenant SD vous
offre deux options : plug-in ou stand-alone.
Plug-in ou stand-alone
?
SD peut fonctionner à lintérieur
de tout séquenceur compatible VST 2.0 ou
DirectX, comme Cubase, Logic ou Sonar. Il peut
également fonctionner tout seul (pour simplement
traiter des sons) ou en parallèle dun
séquenceur (qui le pilotera en MIDI, par
exemple, pour automatiser et enregistrer les changements
effectués). Le choix dépendra de
ce que vous ferez le plus. Si ce qui vous intéresse
cest le triturage de samples que vous réutilisez
dans un tracker (type Acid), vous choisirez stand-alone.
Si vous lutilisez pour mixer et traiter
des pistes audio en temps réel, ce sera
le mode plug-in.
En mode plug-in, comme tous les autres logiciels
de ce type, il vous suffira de choisir une voie
audio, puis de sélectionner soit les effets
send, soit les effets insert (SD fonctionne dans
les deux modes). Le logiciel pourra être
utilisé également sur des pistes
de VST-i, mais attention ! Pendant le test, je
me suis aperçu que le fait de cliquer sur
un numéro de programme dans SD avait pour
effet de sélectionner le même programme
dans les VST-i ouverts ! Etrange. Il va falloir
jongler avec les options " thru " de
vos séquenceurs. Serait-ce un bug ?
Une petite originalité très intelligente
: lorsque vous choisissez dutiliser SD en
effet send, le bouton " Dry/Wet " du
logiciel disparaît pour ne pas faire double
emploi avec le potentiomètre " envoi/retour
" du séquenceur. Pas bête du
tout !
De la même manière quavec leurs
instruments virtuels, NI a choisi la polyvalence.
Le logiciel sadaptera donc à tous
les contextes.
Que trouve-ton
dans linterface ?
Le
logiciel est si riche que nous allons devoir aller
à lessentiel ! Le mieux étant,
au départ, de jouer avec tous les paramètres
pour en saisir les subtilités, pour ensuite
apprendre à vraiment les maîriser,
ce qui, en fin de compte, arrive plus rapidement
quon ne pourrait le penser.
Linterface, très pro et très
sympathique vous met à laise demblée.
Passées les quelques minutes détonnement
face au fonctionnement du logiciel et à
ses multiples paramètres, tout est facilement
accessible, compréhensible et lisible,
comme toujours chez NI.
A noter que lorsque lon pointe sur un bouton
ou dans une fenêtre, des explications apparaissent
dans un coin dédié de linterface.
Très bien pensé, dommage que tout
soit en anglais. Même si votre serviteur
le parle couramment, il faudra peut-être
penser à traduire ce soft pour ceux qui
ne sont pas copains avec Shakespeare.
Les sonogrammes dentrée
et de sortie
Le
principe de fonctionnement (ou de lecture, plutôt)
dun sonogramme est assez simple. Cest
le calcul mathématique pour y arriver qui
est
difficile? Sur laxe horizontal, vous trouvez
le temps représenté par des lignes
verticales (en fait, les blocs de données
audio, ou trames). Sur laxe vertical, vous
trouvez les fréquences présentes
dans chaque trame. Plus un pixel est placé
haut sur le graphique plus la fréquence
est élevée. Ensuite, plus un pixel
est clair, plus lamplitude (le volume) de
cette fréquence est importante. Si vous
rentrez une belle onde pure à 50 Hz, vous
verrez simplement une ligne claire en bas du graphique
et inversement si elle est à 20 000 Hz
(elle sera tout en haut). Le découpage
vertical en bandes de fréquences dans les
autres fenêtres correspond au même
découpage que dans les sonogrammes. De
cette manière, vous savez exactement quelle
fréquence vous traitez.
Le graphique de gauche correspond au signal entrant,
analysé par SD, et celui de droite, au
sonogramme du signal après traitement (reconstitué).
Le tout sur le canal gauche et le canal droit
bien sûr !
Létage
des modulations
Dans cette fenêtre, vous allez pouvoir moduler
(transformer) le son original, avant de lenvoyer
dans les autres traitements. Il sagit dun
point dinsertion dans le cheminement du
signal.
On dispose de 11 algorithmes de modulation (13
dans la version 1.5), allant deffets de
retournement à des effets de détérioration
du signal, en passant par des effets rythmiques
saisissants (une boucle de batterie mise dans
le désordre en temps réel, ça
vous dit ?). En fonction de lalgorithme
choisi dans le menu déroulant, des potentiomètres
apparaissent, permettant de régler un tas
de paramètres, tels que vitesse, feedback,
fréquences affectées
Je vous
laisse imaginer tous les délires possibles,
avant même dattaquer le delay proprement
dit !
La
matrice filtres (atténuation)
Il sagit dun gros égaliseur
qui va vous permettre de changer le timbre du
son en augmentant ou en abaissant les bandes de
fréquences choisies. Laxe vertical
représente les fréquences et laxe
horizontal, le degré datténuation
en décibels. Très simple.
La
matrice delay
Pour chaque bande de fréquences, on peut
choisir une durée de delay différente.
Axe vertical : toujours les bandes de fréquences
; axe horizontal : durée du delay en millisecondes.
Rien de compliqué.
La
matrice feedback (réinjection)
Comme pour une unité de delay classique,
cette matrice permet de choisir la quantité
de signal qui repart dans le delay, cest-à-dire,
en fait, le nombre de répétitions
avec amplitude décroissante. Une fois encore,
laxe vertical représente les bandes
de fréquences et laxe horizontal,
la quantité de feedback. On peut donc régler
ce dernier séparément pour chaque
bande de fréquences.
Edition dans les matrices
Tout se fait graphiquement gràce à
plusieurs outils situés dans un menu au-dessus
des matrices dédition : avec le crayon,
il suffit de cliquer ou glisser-déposer
pour influer sur le paramètre choisi. Des
combinaisons de touches permettent de dessiner
des droites, ou copier des formes.
Vous
pouvez également sélectionner des
zones que vous pourrez modifier dun coup
ensemble, ou encore déplacer la totalité
dune matrice selon les deux axes (comme
si vous modifiiez chaque bande de façon
égale). Bien sûr, tous les paramètres
sont automatisables via MIDI. Il suffit de créer
une piste MIDI pour SD, puis denregistrer
les changements (comme on le fait pour lautomation
de mixage dans un séquenceur).
Pour chaque matrice, on dispose dun bouton
" link " (L) qui permet de lier les
canaux gauche et droit (les changements effectués
dans lun sont effectués dans lautre
en même temps), dun bouton "
Bypass " (pour couper leffet), de deux
boutons " copier haut " et " copier
bas " (permet de copier les réglages
dun canal vers lautre canal) et dun
" moniteur " qui permet à chaque
instant de savoir quelle fréquence est
affectée. On dispose, pour finir, dans
chaque fenêtre, dun écran qui
donne le temps de delay, le niveau datténuation
(en dB) et le degré de feedback (en pourcentage).
Tous ces éléments peuvent être
synchronisés, selon un tempo que lon
choisit ou selon le tempo imposé par le
séquenceur. On peut même choisir
les valeur rythmiques de synchro au tempo : noire,
croche, double-croche
Que de possibilités
!
Et cest tout ?
Et bien justement, non ! En fait, on pourrait
même dire que ce nest quune
petite partie du logiciel. Ce que nous venons
de voir correspond à ce qui reste toujours
visible à lécran. Cest
lorsque lon sattarde dans les menus
du logiciel que lon saisit toute la puissance
de Spektral Delay, et en particulier ses LFO.
Les menus
Dans
la partie supérieure de linterface
on trouve cinq boutons qui permettent datteindre
cinq menus différents (qui apparaissent
à la droite de ces boutons), dont certains
vont savérer être dune
puissance remarquable.
Le menu " File " permet simplement
de choisir, comme dans lexplorateur Windows
(ou MacOS), les programmes deffets dejà
enregistrés que lon veut charger.
Vous y trouverez les commandes habituelles (charger
programme, enregistrer programme
), ainsi
quun navigateur de banques. Très
simple et très bien conçu. Le logiciel
est livré avec une ribambelle de programmes
dusine créés par des grands
noms du milieu de la MAO (dont, au hasard, Craig
Anderton, patron de Music Player et de Keyboard,
version britannique). Certains sont surtout là
pour montrer létendue des possibilités
de la bête, mais leur intérêt
artistique est discutable.
Le menu " Editor " permet de
transformer les courbes dessinées dans
les matrices dédition. Après
avoir sélectionné les bandes de
fréquences concernées, on peut absolument
tout faire. Cest assez complexe et difficile
à expliquer, mais en schématisant
voici comment cela fonctionne. Vous disposez de
six boutons pour choisir lune des six matrices
dédition (3 matrices fois deux canaux).
Une fois une matrice choisie, vous disposez doutils
vous permettant dinverser une courbe (effet
miroir vertical ou horizontal), de la lisser
et
de lui donner des formes précises, gràce
à des générateurs (onde carrée,
sinusoïdale, triangulaire
). En gros,
cest comme si vous aviez Photoshop ! Ceci
va vous permettre déditer très
précisément vos graphiques.
Le menu " Settings " permet des
réglages et des options divers : nombre
de bandes de fréquences (de 64 à
1024 !), échelle des graphiques, durée
maximale du delay, options MIDI
Le menu " About ", bien sûr,
vous donnera des infos sur le logiciel. Rien de
bien intéressant, mais il est bon de savoir
quelle version du logiciel vous avez (pour les
updates, en particulier).
Et jai gardé le meilleur pour la
fin ! Le menu " LFO " (Oscillateur
Basse Fréquence) permet de créer
des effets qui évoluent dans le temps !
Cest extrêmement simple mais également
extrêmement puissant et créatif.
Vous bénéficiez de trois LFO. Pour
chacun, vous sélectionnez un paramètre
qui sera modulé (parmi les 24 !. Par exemple,
le paramètre de modulation n°3 du canal
gauche, ou bien laxe des X du canal gauche,
section delay
), puis la forme donde
(sinus, carré, triangle, dents de scie,
alléatoire) et enfin lamplitude !
-
Une fois le LFO lancé,
vous allez voir votre paramètre évoluer
en temps réel en fonction des éléments
choisis (lentement et régulièrement
pour une sinusoide, dun coup pour une carrée,
alléatoirement
). A ce moment précis,
on touche à lune des forces de Native
Instruments. Il devient possible de créer
des nappes à partir dune boucle de
batterie !
Il faut savoir, pour terminer, que la quasi totalité
des paramètres est automatisable via MIDI.
Impressionnant !
Boîte contrôle
Master
En
haut à gauche se trouve la partie master
qui contrôle la totalité du logiciel.
Outre les boutons de chargement/enregistrement
de programmes, on trouve une balance " Dry/Wet
", un bouton " Gain " qui influe
sur le niveau du signal traité, un bypass
général (qui permet de mettre leffet
en attente), un mute (qui coupe leffet),
un freeze (qui bloque le signal).
A noter que lupdate 1.5 ajoute, juste au-dessous
de la fenêtre master, deux bar-graph qui
permettent de monitorer le niveau du son brut
et le niveau du son traité.
Ce quil y a en
plus sur la version stand-alone
Comme
je le disais plus haut, la version stand-alone
ajoute, en bas de linterface un lecteur
de samples, que lon utilise comme nimporte
quel WinAmp (avec un navigateur et un explorateur,
des touches play, stop, boucle
). Elle permet
également denregistrer en de sauvegarder
en Wave le résultat du son original passé
dans leffet. Il suffit de cliquer sur "
Record ", puis " Stop " et le résultat
sinscrit dans un dossier choisi au préalable.
Outre
le fait que cette utilisation soit intéressante
pour les sound designers qui créent des
sons ou des boucles, elle peut lêtre
également si votre machine est un peu juste
pour utiliser SD en plug-in. Vous passez votre
fichier audio dans le programme en mode stand-alone,
vous enregistrez le résultat, puis vous
réimportez ça dans votre séquenceur.
Le mode denregistrement audio du résultat
obtenu ne permet pas de récupérer
des boucles précises. Un système
dexport audio aurait été bien
plus simple et plus précis. Ici, il faut
lancer lenregistrement, en temps réel
(comme dans votre séquenceur), puis lancer
la lecture du sample original, puis arrêter
lenregistrement. Cest trop aléatoire
et il faut reboucler les samples. Pas évident
!
Et quest-ce que
ça donne concrètement ?
Après quelques heures passées sur
le logiciel, on comprend le rôle de chaque
fonction assez facilement. Seul les filtres et
LFO pourront poser problème aux débutants.
Plutôt quun grand discours, je vous
ai concocté quelques exemples à
partir dune simple boucle de guitare. Par
souci de poids et de qualité, les fichiers
sont tous au format OGG Vorbis ; la plupart des
lecteurs multimédia actuels savent lire
ce format sans problème. Je suis parti
du son brut de la boucle puis jai ajouté
des paramètres petit à petit. Ecoutez
:
Le son 1 [guit0.ogg]
: le son brut de la guitare, sans effet particulier.
Le son 2 [guit1.ogg]
: un delay, centré sur les fréquences
médium, et un LFO qui permet à la
quantité de feedback dévoluer
dans le temps. Leffet est relativement léger.
Le son 3 [guit2.ogg]
: utilisation toute bête de la matrice datténuation.
En coupant les aigus et les médiums on
crée un filtre passe-bas très classique.
Le son 4 [guit3.ogg]
: en jouant sur les fréquences affectées
par le delay, on fait ressortir des résonnances
métalliques.
Le son 5 [guit4.ogg]
: deux des LFO modulent toute la matrice datténuation
selon les axes X et Y créant un effet wah
wah (peu prononcé ici, car la vitesse du
LFO est lente).
Le son 6 [guit5.ogg]
: ici, la quantité de feedback est importante
mais elle est modulée par un LFO, ce qui
permet de ne pas se retrouver avec un delay infini,
tout en ayant un effet très prononcé.
Le son 7 [guit6.ogg]
: et oui, il sagit bien de notre boucle
de départ, mais les paramètres ont
été poussés et travaillés
à lextrème pour transfigurer
littéralement le son.
Vous voyez quà partir dun sample
tout bête, on arrive à quelquechose
dextrêmement complexe et qui na
plus rien à voir avec le son de départ,
en passant par des effets tout à fait utilisables
en situation de mixage. Voici des fichiers de
quelques programmes dusine, fournis avec
le logiciel. Les sons de drones sont particulièrement
réussis.
Son 1 [drone.ogg]
: un son de drone fabriqué à partir
dune nappe de synthé toute bête.
Le début ressemble à une cornemuse.
Son 2 [sd.ogg]
: la voix dorigine est brute, sans aucun
effet.
Son 3 [house.ogg]
: une boucle de batterie, effet de filtres dont
les canaux gauche et droit sont opposés,
doù cet effet de son qui tourne.
Son 4 [femme.ogg]
: un gros effet de delay simple mais bien propre,
appliqué sur toutes les bandes de fréquences.
Son 5 [extreme.ogg]
: une boucle sur laquelle les effets sont un peu
extrèmes.
Pour conclure
Passées les quelques erreurs de jeunesse
(manuel assez médiocre, en particulier,
et quelques petits bogues), on est impressionné
par les possibilités de ce logiciel. Bien
sûr, ceux qui nont jamais manipulé
ce type dappareil seront complètement
perdus, mais lédition graphique permet
de vite comprendre, et puis
en utilisant
ses oreilles, le néophyte sen sortira
peut-être mieux que lingénieur.
La qualité des effets, la richesse des
filtres et des modulations, les possibilités
dédition étendues font quune
fois de plus Native Instruments frôle le
sans-faute. Pour un coup dessai (il sagit,
rappelons-le, de leur premier logiciel deffet),
cest un coup de maître. Il y a fort
à parier que les prochains logiciels de
la série NI-Spektral seront à la
hauteur du Delay.
Reste à se poser la question de lintérêt
artistique dune telle usine à gaz,
capable de transfigurer (défigurer ?
au choix !) un son. Qui dit filtres et LFO, dit
musique électronique ? Il nen est
rien. Spektral Delay saura sadapter à
tous les styles de musique. Et si vous aimez les
sons biscornus et étranges, vous allez
pouvoir vous amuser pendant de longues heures.
Même moi, guitariste, plutôt orienté
gros rock qui tache, jai été
impressionné. Je vais peut-être men
servir, dailleurs
et même sûrement.
En fait, il sagit dun logiciel avec
lequel on joue, même si sa qualité
et sa complexité (apparente, seulement)
en font un outil de travail que tous les professionnels
devront bientôt avoir.
Note de dernière minute :
entre le début de ce test et lécriture
de larticle, jai reçu mon exemplaire
de Cubase SX. Jai donc refait quelques tests.
Aucun problème à signaler, je trouve
même que le logiciel sonne mieux, mais cest
probablement psychosomatique.
Jérôme dit Ceedjay
Note : 19/20
Plus : linterface soignée
et classe, les possibilités étendues,
la prise en main pas si difficile, la qualité
des filtres et des modulations, ladaptabilité
pas évidente mais présente, une
version de démo est disponible ( http://www.native-instruments.com
).
Moins : le manuel, les problèmes
de désinstallation, le logiciel non francisé
et cest tout !
Prix indicatif : 280 €
Retrouvez
toutes les infos, news, conseils sur les
produits Steinberg sur le site de l'Espace
Cubase VST !
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