Image Line : FL Studio Producer

Fruityloops nous revient avec une mise à jour majeure. Tellement majeure qu'Image Line en profite pour lui donner un nouveau nom et un nouveau prix. Quoi ? Une mise à jour payante ? Attendez un peu, Image Line n'avait-elle pas juré sur sa mère que les mises à jour de Fruityloops seraient gratuites à vie ? Si, mais en l'occurrence, il ne s'agit plus de Fruityloops. Regardez, hop ! FL Studio. Les traîtres ! Ils s'en tirent par une pirouette. Reste à savoir si ce changement de nom est justifié. C'est ce que nous allons déterminer illico presto.

'Achetez notre logiciel ! Les mises à jour seront gratuites à vie ! '. 'Mais bien sûr ! Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu !'.

Ce type de réaction, beaucoup de personnes l'ont eue en lisant pour la première fois le pacte qu'Image Line proposait à ses utilisateurs enregistrés. Et pourtant, au fil des années, le logiciel a effectivement évolué à une vitesse hallucinante pour arriver à maturité l'année dernière, en se plaçant au même niveau que les meilleurs logiciels du marché. Et tout ceci sans que les utilisateurs de la première heure aient eu besoin de porter la main au porte-monnaie. Une excellente plus-value, mais avec l'annonce de FL Studio, boum, c'est un bon coup de maillet pour tout le monde. Je pense particulièrement aux récents acheteurs de la version 3.56, oui, pour ceux-là, j'aimerais garder une minute de silence...

Bon, ce n'est pas non plus la peine de dramatiser, car comme je viens de le préciser, les premiers acheteurs en ont bien profité, et il y a fort à parier que ce sera encore le cas pour FL Studio. C'est donc le bon moment pour investir ! D'autant plus que cette version possède LA fonction réclamée à corps et à cris par les utilisateurs de Fruityloops, à savoir le Direct to Disk. Mais les améliorations ne s'arrêtent pas là, pour s'en convaincre, il suffit de jeter un œil au fichier 'what's new' qui accompagne FL Studio : une page entière d'ajouts et de modifications ! Bon, rien d'aussi percutant que la gestion de l'audio, mais on y trouve quand même plusieurs nouveautés attendues depuis belle lurette.

Malgré le changement de nom, les fonctions principales et l'interface de FL Studio sont les mêmes que Fruityloops, c'est pourquoi je vous invite à lire ou relire le test de la version 3.56 pour que tout le monde puisse se remettre dans le bain, avant d'aborder les nouveautés de cette version. Ca y est, vous êtes revenus ? Alors allons-y.

FL Studio = Fruityloops V4 + Direct to Disk

Pour commencer, FL Studio embarque une toute nouvelle version du mixer d'effet, qui s'est transformé pour l'occasion en une véritable table de mixage : 1 piste master, 4 pistes d'effets auxiliaires, 64 pistes dédiées aux instruments et effets, avec, pour chacune, 8 effets en insert, un EQ 3 bandes, un contrôle du volume et de la panoramique, et la possibilité de router une piste sur une autre. Il est bien sûr possible de piloter et d'automatiser chaque élément, ce qui en fait un outil de production particulièrement puissant. Mais le meilleur est à venir ! Si votre carte est compatible ASIO, vous serez alors à même de router ses entrées sur n'importe quelle piste du mixer, de rajouter des effets et d’enregistrer le tout en Direct to Disk. A vous de déterminer le mode d'enregistrement : en live pour les chants et les impros, ou bien en tâche de fond pendant que vous irez prendre un café. Oui, il est dorénavant possible de 'bouncer' une piste qui prend trop de temps CPU. Royal.

Le nouveau mixer

Le deuxième changement important concerne la playlist qui se divise maintenant en deux : dans la partie supérieure, on retrouve l'espace dédié à l'agencement des patterns, tandis que la partie inférieure s'occupera des 'clips audio'. Késako ? Ni plus ni moins que des échantillons, mais ceux qui seront utilisés en tant que tels verront s'afficher leur forme d'onde, et seront considérés comme des entités à part entière. Je m'explique. Jusqu'ici, pour utiliser un sample dans un morceau, il fallait procéder de la sorte : créer une piste avec un lecteur d'échantillon et placer un trigger, ou message de déclenchement, pour indiquer au logiciel l'endroit où le son devait se déclencher. Mais cette méthode provoquait quelques désagréments, notamment avec les longs échantillons qui n'étaient pas lus lorsque la lecture était relancée après s'être arrêtée derrière le trigger. FL Studio fonctionne toujours sur ce système qui reste efficace avec des sons très courts, mais propose, avec les audio clips, une alternative qui se prête particulièrement bien au montage. Cette nouvelle façon de gérer les fichiers audio ouvre la porte à de nouvelles possibilités, comme le découpage et le remixe à la volée. Maintenant, il est tout à fait possible de découper une boucle de batterie de 16 mesures, et d'intervertir sur les différentes parties pour se retrouver avec quelque chose de complètement nouveau. Cette fonction n'étant pas destructive, vous pourrez laissez libre cours à vos pulsions Aphex-Twinesques sans risquer d'écraser vos précieux échantillons. Pour information, c'est sous forme d'audio clips que seront gérés vos enregistrements en Direct to Disk.

La nouvelle playlist avec en bas les clips audio

 

Le sampling n'a d'intérêt que si l'on peut retoucher le résultat de ses enregistrements. C'est pourquoi un éditeur audio a fait son apparition. Bon, on est quand même loin d'un Wavelab ou d'un Soundforge, mais il propose les fonctions les plus utiles pour les retouches de bases : normalise, fade, reverse, copy/paste/cut, loop, etc. On ne peut que saluer cette initiative qui évitera à l'utilisateur les allers-retours entre FL Studio et un éditeur lambda.

L'éditeur audio

Toujours au rayon des nouveautés, les patterns s'émancipent un peu plus. Il est maintenant possible de définir une longueur différente pour chacune d'entre elles. Une notion évidente aujourd'hui, mais qui n'était pas encore implémentée dans Fruityloops. Dans le même ordre d'esprit et dans la playlist, la longueur 'visuelle' des patterns sera relative à leur longueur réelle, pratique lors de leur agencement. Désormais, les patterns peuvent se couper mutuellement à n'importe quel instant, en fonction de l'intervalle de résolution que vous aurez choisie. Un mode Live a également fait son apparition. Une fois sélectionné, une icône apparaît à côté de la pattern, dans la playlist. En cliquant dessus, elle sera lue indéfiniment, ce qui permet de faire des essais avant d'écrire la partition finale, ou tout simplement de jouer en live avec la totalité de ses patterns. Comme il est parfois difficile de s'y retrouver à l'écran, la playlist comprend nombre d'outils très utiles comme le choix des couleurs, le redimensionnement des échelles verticales et horizontales et des marqueurs très pratiques que l'on pourra placer à n'importe quel endroit de la playlist, et qui permetteront en cliquand dessus, d'y téléporter la tête de lecture. Très pratique pour réécouter un passage particulier

Malgré toutes ces nouveautés, FL Studio aurait été un peu fade s'il n'avait pas proposé de nouveaux modules. Heureusement, deux nouveaux 'generator' ont fait leur apparition. Boobass émule une basse Fender, il remplit bien son office, sans pour autant révolutionner le genre. Mais la grosse surprise nous vient de Wavetraveller, un lecteur d'échantillon d'un genre nouveau. Il permet d'assigner, sur n'importe quelle touche de votre clavier, une partie de lui-même. Mais là où ça devient vraiment intéressant, c'est qu'il est possible, pour chaque partie, de 'programmer' la vitesse et le sens de lecture de l'extrait à l'aide de courbes ! Par exemple, à partir d'un échantillon de quelques secondes et en jouant sur le sens et la vitesse de lecture, on peut programmer des petites séquences de scratch criantes de vérité, que l'on déclenchera d'une simple pression. La classe. Un module très intéressant pour les expérimentations, mais qui ne se laisse pas appréhender facilement, il faut s'entraîner longtemps avant d'en tirer quelque chose de constructif.

Signe de l’évolution rapide de FL Studio, à peine ce test était écrit qu’une mise à jour proposait un vocodeur ! Ce dernier possède plusieurs parties. Une section FREQ qui permet de jouer sur les gammes de fréquences, une section enveloppe, une section MIX pour mélanger les signaux sources et le nombre de bandes qu’utilisera le vocodeur (de 4 à 128). Attention cependant, utiliser 128 bandes consomme énormément de temps CPU. Mais le résultat est très convaincant, comme vous pourrez le remarquer dans l'extrait audio.

Un autre module sort son épingle du jeu, c'est le Dashboard qui offre les outils nécessaires pour fabriquer l'interface MIDI (virtuelle, bien entendu) de ses rêves. Cette boîte à outils comprend toute une série de potentiomètres, de sliders et de boutons que l'on peut connecter, piloter et assigner comme bon nous semble pour contrôler son morceau de A à Z, et tout ceci dans une seule fenêtre. Le pied pour les prestations live où la rapidité d'exécution prédomine. Il propose d'ores et déjà en presets quelques répliques d'interfaces connues comme le Phatboy, on peut même importer une capture en image de fond.

Le module Dashboard avec le preset Phat-Boy

Voilà pour les grosses nouveautés. Pour le reste, on citera en vrac l'encodeur MP3 Lame qui est passé en version 3.9.3.1, les fichiers .wav qui peuvent être sauvegardés avec leurs points de boucles, et son instance DXi qui vient compléter la version VSTi. Pour finir en beauté, la fonction Autoslice est directement intégrée et ne nécessite plus l'achat de Beatslicer, une très bonne initiative.

Jusqu'ici, que du bon ! FL Studio mérite amplement qu'on débourse une nouvelle fois quelques piécettes. Cependant, Image Line a oublié une donnée essentielle : l'interface.

Le seul vrai problème de FL Studio

Au fil des années et des mises à jour, Fruityloops est devenu un logiciel puissant et complet, capable de rivaliser, en termes de fonctionnalités, avec la plupart des logiciels pros du marché. Mais l'interface n'a malheureusement pas suivi le rythme, et aujourd'hui, elle commence à jouer en défaveur du logiciel. Prenez les automations par exemple, il serait simple de les afficher sur une même page, de sorte qu'il soit possible de les retravailler simultanément. Dans FL Studio, chaque automation ouvre une nouvelle fenêtre, et comme chacune possède sa propre échelle du temps, je vous laisse imaginer les prises de tête lorsque l'on veut avoir une vue d'ensemble. Par contre à chaque prise elles se rangent bien gentillement dans un repertoire de l'explorateur, et il suffit de cliquer dessus pour les afficher... encore faut t'il savoir où les chercher ! En effet, l'explorateur de FL Studio est très pratique pour accéder rapidement à ses données mais son apparence ne donne pas envie de l'utiliser. Il mériterait d'être plus sorbre.

L'interface pêche également par de trop nombreux sous menus, certains paramètres y étant repris plusieurs fois ! De quoi perdre les pédales, alors qu'il suffirait de les rassembler sur une ou deux pages pour que tout devienne plus simple.

Au final, la maîtrise du logiciel demande un investissement non négligeable et passe très souvent pas la documentation en ligne. Heureusement celle-ci est agréable à lire et on y trouve très rapidement l'information recherchée.

Conclusion

Image Line avec FL Studio vient talonner sans problèmes les ténors du genre, Direct to Disk multipistes, VST- DX, gestion poussée du MIDI... tout est là. Seule l'interface tire le logiciel vers le bas mais ce n'est pas très grave au final puisqu'il est toujours possible de s'y habituer... en attendant une mise à jour ! Alors, à la question 'Je possède déjà Fruityloops, dois-je faire la mise à jour ?', je répondrais oui si le Direct to Disk est une fonction primordiale pour vous. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez vous réjouir, car la mise à jour vers Fruityloops 4 (c’est-à-dire FL Studio sans la fonction Direct to Disk) est gratuite pour les utilisateurs enregistrés (voir plus bas).

Ceux qui ne connaissaient pas Fruityloops mais qui seraient intéressés par FL Studio doivent savoir que la politique des mises à jour gratuites d'Image Line en fait un excellent placement. Il est certe un peu difficile d'accès, mais reste à la porté de n'importe qui prêt à s'investir dans son apprentissage, notemment parce qu'il est, à ma connaissance, le seul logiciel à proposer une multitudes de tutorials en interne. Ces derniers sont très bien fait et permettent d'apprendre les fonctions du logiciels tout en mettant la main à la pâte. Image Line soigne ses utilisateurs, et ça c'est toujours bon de le signaler.

Note : 17/20

Cyril Colom

PS : Certains auront remarqué que je lui donne une note plus sévère que dans mon précédent test. Ceci s'explique par le fait que l'interface commence à être un sérieux frein à l'avancée du logiciel... et qu'il faut bien que je me réserve de la marge pour les prochaines versions ;)

Passons au côté pratique, Image Line propose 3 versions de FL Studio :

FL Studio Express Edition [Cliquez pour les infos]

Gratuit pour les utilisateurs de Fruityloops Pro
Upgrade pour FL Studio Fruityloops Edition 59$
Upgrade pour FL Studio Producer Edition 99$

FL Studio Fruityloops Edition [Cliquez pour les infos]

Gratuit pour les utilisateurs de Fruityloops FULL
Upgrade pour FL Studio Producer Edition 49$

FL Studio Producer Edition [Cliquez pour les infos]

Prix annoncé : 149 $

Pour plus d'infos :
http://www.flstudio.com
http://www.fruityloops.com