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IK Multimedia T-RackS 24


La modélisation n’en finit pas de copier le vintage. Avec son ensemble de cinq logiciels intégrés dans T-RackS 24, pour MacOS et Windows, l’italien IK Multimedia se charge de pousser vers l’étagère du musée les modules de traitements analogiques de mastering.


Phénomène de plus en plus actuel, l’ancien est devenu une base de production. Que ce soit sur un plan artistique, avec les reprises, où les anciens tubes sont réchauffés et resservis avec une préparation différente, ou sur un plan technique, le renouveau de la lampe (qui curieusement s’appelait aussi “tube... électronique”), le vintage est source inépuisable d’inspiration. Sintefex, une société portugaise propose même une machine universelle, le FX 8000 Replicator, capable d’analyser les caractéristiques de tout processeur, qu’il soit analogique ou... numérique, pour se comporter de la même façon. Le décor est planté !

Simulation

Il était une fois, une équipe d’ingénieurs italiens, spécialistes en traitements numériques audio. Un jour, ils se disent avec raison, que les traitements analogiques de qualité ont depuis très longtemps prouvé leur musicalité en enregistrement et en mastering, mais que leur prix très élevé les rend difficilement accessibles. Qu’à cela ne tienne ! Ils décident tout simplement de créer l’équivalent, mais sans matériel, sous forme d’un simple logiciel. Le bébé s’appelle T-RackS 24 (avec un dinosaure comme emblème, T-Rex, vous aviez compris !), un logiciel de traitement de fichiers stéréo pour Windows et MacOS, destiné à leur donner la touche finale, avec le son des ancêtres à lampes.

Pour cela, nos italiens malins ont analysé minutieusement les fonctions de transfert des égaliseurs, compresseurs et limiteurs de style ancien, utilisés en studios de mastering pour leurs qualités reconnues, et en ont déduit les algorithmes de simulation correspondants. Résultat final de ces cogitations : un ensemble logiciel de traitement temps réel autonome, composé d’un égaliseur paramétrique six bandes, d’un compresseur avec intensification d’image stéréo variable, et d’un limiteur multibande, le tout en stéréo. Il s’y ajoute aussi un étage “Soft Clipping”, pour la création de saturations plus ou moins audibles.

Configuration et installation

Ces trois périphériques virtuels ci-dessus étant basés sur des algorithmes de modélisation complexes, exécutés en natif, c’est-à-dire sur le processeur interne de l’ordinateur, sont bien sûr plutôt demandeurs en puissance de calcul. Pas d’espoir au-dessous de 180 MHz pour les machines Power Macintosh, ou 200 MHz sur PC pour les processeurs MMX (les seuls admis). Côté mémoire, la limite minimum se situe à 32 Mo de RAM pour les deux plate-formes, qui devront être motorisées au minimum par un système MacOS 7.5 ou Windows 95/98/NT 4.0/5.0.

Pour vraiment travailler correctement, il est recommandé de disposer d’un Mac à processeur 604e 233 MHz au moins ou d’un G3, ou d’un PC à Pentium II de 266 MHz ou plus, avec dans les deux cas un minimum de 64 Mo de Ram. L’interface audio aura aussi son importance, soit pour la qualité d’acquisition des fichiers à travailler en provenance de l’extérieur de la machine (on procédera de préférence à un transfert numérique), soit pour une écoute la plus précise possible du travail en cours.
De même, le flux de données audio devra être entravé le moins possible par la fragmentation du disque, au risque d’obtenir des clics sur votre fichier. Dans le cas où cela se produirait, il est possible d’augmenter la taille du buffer audio dans la fenêtre Preferences.

Contrairement à la version précédente, protégée par une clé physique, IK Multimedia adopte maintenant le principe du “Challenge/Response”, un code étant renvoyé par mail. L’installation du logiciel est très simple. A partir du CD-Rom fourni, un double click sur l’icône Install, ou sur Setup.exe, et vous êtes guidé jusqu’à la fin de l’opération.

Au travail !

T-RackS 24 accepte les fichiers stéréo ou mono en 24 ou 16 bits AIFF, SDII, ou .WAV. Puisqu’en principe, le traitement au travers du logiciel se destine à une gravure de CD, même si le 48 kHz est admis, on travaillera de préférence sur des fichiers en 44,1 (une conversion de fréquence après coup étant à déconseiller, et le TrackS ne le fait pas lui-même). De même, tous les autres travaux sonores sur votre mix devront avoir été déjà réalisés en amont (simulation de bande magnétique, production de sub-harmoniques, etc.). De plus, pour bénéficier du circuit spécial à T-RackS 24, on lui réservera le soin d’opérer sa propre limitation, sans qu’une autre ait déjà eu lieu auparavant.

Une fois le fichier ouvert, une barre de transport située en dessous des “racks” offre une commande des fonctions de lecture continue (avec une barre de défilement horizontale semblable à celle de Real Player ou de QuickTime), ou en boucle entre des points à définir sur la même barre. On dispose aussi de marqueurs pour sauter rapidement d’un point à un autre lors de l’écoute. Un bouton Snap donne accès instantanément à plusieurs ensembles de réglages (jusqu’à huit), mis en mémoire sous forme de “takes” successives. Très utile pour les comparaisons lors des dernières hésitations.

Une fois satisfait de vos réglages, pour obtenir le fichier définitif prêt à graver, il suffit de cliquer sur le bouton Process, ce qui lance le calcul accéléré des traitements affichés. Celui-ci peut être global, si vous avez sélectionné Off dans la fenêtre Préférences pour Real time processing. Si au contraire vous optez pour On, lors du calcul, vos modifications de réglages manuelles sont prises en compte au fur et à mesure, en temps réel. Intéressante option, mais une automation éditable aurait été bienvenue...
Des fades programmés à courbe linéaire ou logarithmique peuvent être appliqués en début ou en fin de morceau, avec une plage de réglage comprise entre 0 et 60 secondes.

Globalement, l’interface est très agréable, et la simulation de modules réels très poussée, depuis la balistique des VU-mètres à aiguille, jusqu’à l’inertie d’extinction des voyants. On peut même personnaliser son T-RackS 24 avec un choix de “skins” plus beaux les uns que les autres. De plus, au passage de la flèche de votre souris sur chaque bouton (et lors de la manipulation de celui-ci), la valeur numérique correspondante s’affiche instantanément dans la fenêtre d’affichage de chacun des trois racks.

Egalisation

L’une des réussites évidentes de ce T-RackS 24, c’est son égaliseur, au son très musical, non typé, et ceci sur toutes les fréquences, du grave à l’aigu. En principe, en mastering, l’égaliseur lui-même doit se faire oublier, au profit de sa courbe de réponse. Ici, vous pourrez à volonté modifier la couleur de votre mix, de la façon la plus “transparente” possible. Les six bandes de correction sont judicieusement choisies pour une utilisation efficace. On dispose de deux sections à courbe en cloche pour le haut médium (de 200 Hz à 18 kHz) et le bas médium (de 33 Hz à 5,5 kHz), de deux sections “shelving” pour les graves (de 30 Hz à 200 Hz) et pour les aigus (de 750 Hz à 8 kHz), et deux filtres, passe-bas de 200 Hz à 20 kHz et passe-haut de 15 Hz à 5 kHz. On ne dispose hélas que de deux positions de Q sur les filtres en cloches dans les médiums, une “hi Q” et l’autre “low Q”.

La rangée de boutons rotatifs supérieure concerne les réglages de fréquences, et celle du dessous, du gain (accentuation ou atténuation). Sur la droite du module, l’écran en forme d’oscilloscope affiche la courbe de réponse globale de l’égaliseur, sans action directe possible sur la courbe, comme on peut le faire sur les égaliseurs Waves, par exemple.

Compression

C’est à cette étape que vous pourrez donner à votre mixage un volume moyen plus élevé, plus de consistance et de cohésion, et plus d’impact. Ce compresseur simule un module à lampes, avec un son chaleureux typique. Comme avec les anciens modèles de ce type, la compression est très douce et constante. Pas de réglage du seuil d’action (le threshold habituel). C’est le dosage de “Input Drive” qui détermine le niveau d’attaque du compresseur, donc son effet plus ou moins fort. Contrairement à de nombreux autres compresseurs, qu’ils soient hardware ou software, la réduction de gain du T-RackS 24 peut être très conséquente sans être désagréable. Celle-ci s’affiche sur le VU-mètre à aiguille. Le traitement peut avoir lieu soit avant, soit après l’égaliseur. Autres réglages, les temps d’attaque et de release retardent plus ou moins l’effet de compression, toujours de façon très “soft”, comme sur les modèles vintage. Le taux de compression est continuellement variable entre 1,5/1 et 4,68/1. Chose inhabituelle, sur le module compresseur, on trouve un réglage néanmoins efficace de traitement de la stéréo, qui permet d’élargir celle-ci ou de la resserrer, mais cette action n’est possible que lorsque le compresseur est en service.

Limitation

Vient enfin un limiteur trois bandes à fréquences préréglées, dont la mise en service permet d’augmenter considérablement le niveau issu de l’égaliseur et du compresseur, en supprimant les crêtes. Son effet est observable sur le VU-mètre latéral. Deux réglages agissent sur les niveaux d’action du module : l’un appelé Overload de façon un peu inappropriée (en fait le niveau maximum que peut atteindre le signal de sortie), fixe la façon dont le traitement s’effectue. Pour ses valeurs les plus faibles, les écrêtages (donc les réductions de gain) sont plus fréquents, alors que pour les valeurs élevées, le niveau produit est supérieur, mais les saturations sont plus fréquentes. L’autre réglage, Input Drive, fixe le niveau de signal d’entrée du module. On dispose aussi d’un bouton Release Time, pour le temps d’inertie en fin de crête, l’attaque étant par principe très courte et non réglable. Cela dit, le limiteur de T-RackS 24 est délibérément analogique, donc moins radical que le très radical type “Brickwall” des modèles numériques hardware ou software.

Etage de sortie

C’est là que vous pourrez contrôler et régler le niveau de sortie de l’ensemble. De plus, il comprend une section dithering désactivable, ce qui veut dire qu’il reste possible d’en utiliser au besoin un autre différent. On dispose aussi d’un choix de deux types de saturation en sortie : Hard (saturation numérique selon nous à déconseiller... sauf production “lofi” !) et Soft (simulation - plus agréable - d’un écrêtage analogique). Il est curieux de constater que les concepteurs de ce soft, par ailleurs excellent, suggèrent qu’il est possible de produire un mastering avec lequel on entre dans la saturation numérique, ce qu’un professionnel évite à tout prix. De plus, sachant que certains modèles bas de gamme de lecteurs de CD ont un circuit de sortie audio qui tolère difficilement les niveaux proches du 0 dB numérique, on regrette aussi de ne pas pouvoir limiter précisément le signal produit à une fraction de dB inférieure.

Les saturations sont indiquées par le voyant Sat, qui s’allume quand elles se produisent. On peut aussi les observer avec plus de précision sur un crêtemètre vertical, qui apparaît en cliquant sur le bouton “Meter”. C’est aussi le moyen d’obtenir une mesure très précise du niveau instantané.

Sur ce module de sortie, on dispose en outre d’un réglage Balance, d’équilibre droite/gauche, pour le cas où le mix aurait une tendance “Tour de Pise”, à “pencher” d’un côté ou de l’autre. Dommage que ce réglage n’existe pas avant la compression, celle-ci ayant bien sûr l’inconvénient de se déclencher plus fréquemment du côté des forts niveaux, et par conséquent de contribuer au décalage de la balance stéréo.

En conclusion

Une belle réussite, ce T-RackS 24, qui permet une approche très vintage du pré-mastering, avec un son très agréable et musical, et une simulation très réussie de certains types de traitements vintage. A première vue, on pourrait regretter de ne pas pouvoir modifier certains choix de pré-configuration. En fait, les concepteurs ont rendu accessibles des modifications relativement simples de l’architecture interne par l’utilisateur qui le souhaite, au moyen de listes de paramètres sous forme texte. De nombreux présets sont offerts en tant que propositions rapides de traitements, et démonstration des possibilités du T-RackS 24.

On notera qu’en dehors de cette version autonome, un plug-in RTAS (317 €) est aussi proposé pour le format natif de Pro Tools LE et Pro Tools Free sur Macintosh, mais utilisable aussi sur les versions 5.1 de Pro Tool Mix et Mix Plus. Précisons que des versions de démo sont téléchargeables sur le site T-RackS. De plus, les possesseurs de la précédente version, la 1.1, auront le plaisir d’apprendre qu’ils peuvent passer gratuitement en version 2.0, en allant sur le site t-racks.com.

N’attendez pas de T-RackS 24 la neutralité et la transparence de la plupart des traitements de pré-mastering. Ce n’est pas du tout l’objectif. Mais moyennant quelques précautions, notamment l’usage prudent du compresseur pour conserver suffisamment de dynamique, encore plus prudent du limiteur pour éviter l’écrasement de votre mix, et vraiment très très prudent de l’étage de sortie pour ne pas infliger à vos auditeurs des saturations désagréables, alors le résultat peut s’approcher des bons traitements haut de gamme du genre Avallon ou Summit, pour une dépense évidemment sans commune mesure. Un bon moyen pour “réchauffer” un mix à tendance un peu “numérique” et qui manquerait d’épaisseur (225 € prix public généralement constaté).

Fiche Technique :
IK Multimedia T-RackS 24 /T-RackS RTAS
Type : logiciel processeur de mastering pour MacOS et Windows.
Prix : 225 €
Importateur : Apacabar
Configuration minimum Mac : Power Mac 180 MHz, RAM 32 Mo, MacOS 7.5.
Configuration minimum PC : Processeur MMX 200 MHz sur PC pour les processeurs MMX, RAM 32 Mo, Windows 95/98/NT 4.0/5.0.


Michel Geiss










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